9:24 - dimanche septembre 25, 2016

La facture d’’eau des parisiens revue à la baisse

Lu 611 fois Philippe Boury 0 réaction
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8% ! C’est la baisse, promise par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, du prix de l’eau dans la capitale à compter du 1er juillet 2011.

Un an et demi après la reprise en gestion publique du service de l’eau, les parisiens vont donc voir leur facture alléger…

Actuellement, cette facture d’eau est en moyenne de 300€, un montant qui inclut la part eau potable pour 37%, mais aussi l’assainissement et les redevances.

Au mois de juillet, le prix du litre d’eau passera à 0,9627 € au lieu d’1,0464 € actuellement. Au final le gain pour les usagers tournera autour de la dizaine d’euros par an. Une baisse certes légère, mais qui tranche avec le passé…

Bertrand Delanoë aime a rappeler que de 1985 à 2000, le prix de l’eau avait augmenté de 260% ! Une hausse due essentiellement, selon la mairie, au fait que la gestion de l’eau était assurée par une entreprise privée. Depuis le retour de la gestion de l’eau dans le giron public, la ville a ainsi pu économiser 35 millions d’euros.

Selon Anne Le Strat, adjointe en charge de l’eau et présidente d’Eau de Paris, « la régie publique, ces économies s’expliquent par le fait qu’il n’y a plus de rémunération des actionnaires comme c’est le cas lors de la gestion de l’eau par une entreprise privée. »

« La fiscalité, plus avantageuse pour les établissements publics que pour les sociétés privées, et les coûts inférieurs en matière d’entretien des réseaux, permettent de maintenir un service efficace et une qualité sanitaire exigeante. » Selon Anne Le Strat, d’ici 2015, ce sont 76 millions d’euros qui seront rendus aux Parisiens.

Cette décision de la municipalité divise les élus parisiens. L’opposition dénonce une imposture, affirmant qu’au final, avec les investissements nécessaires pour la modernisation du réseau, une augmentation sera inévitable. Quand aux Verts, par la voix d’Yves Contassot, ils regrettent une baisse trop dérisoire pour être considérée comme un signe encourageant.

Reste que cette décision parisienne, symbolique, est un signe fort pour les autres communes et collectivités territoriales désireuses de s’approprier la gestion de leur eau.

Première collectivité à rendre effectif le droit à l’eau, Paris fait maintenant figure d’exemple à suivre.

Les élus de la Communauté d’agglo de Lens- Liévin s’interrogent eux aussi sur le choix à faire : reconduire le contrat avec Veolia ou passer en régie de service public.

Poussés par l’association Eau Secours 62 qui tente de les convaincre de gérer l’eau en régie, les élus de la communauté d’agglomération ont invité Anne Le Strat, la présidente d’Eau de Paris, à venir témoigner de l’expérience parisienne.

« La gestion publique de l’eau, ça marche ! » C’est le message qu’est venu délivrer l’élue parisienne. Et si elle a reconnue que les tractations ont été dures – trois délégataires différents se partageaient la gestion de l’eau – au final, la régie publique s’avère « plus efficace, plus transparente et plus démocratique » qu’une gestion privée confiée à de grandes multinationales.

Un témoignage qui tend à inspirer les élus nordistes, mais aussi les syndicalistes de Veolia qui verraient bien un service public national de l’eau, avec un statut unique des salariés, qui donnerait une dimension nationale à cette question de l’eau.

L’association Eau Secours 62, de son coté, a lancé une pétition pour un retour en gestion publique dès la fin 2011, date d’échéance des contrats de Veolia.

« L’eau jaillit librement à sa source. Elle ne peut être traitée comme une marchandise », écrivent-ils. Une affirmation qui pourrait bien être reprise dans de nombreuses agglomérations françaises.

Et parce que ce débat sur l’eau va se poser dans toutes les villes françaises dans les semaines et les mois à venir, rappelons l’initiative de la Fondation France Libertés qui, en partenariat avec l’association 60 millions de consommateurs, appelle les Français à participer à une enquête collaborative pour établir une cartographie complète du prix du service de l’eau.

Le mensuel et la fondation prônent eux aussi un nouveau modèle économique pour le service public de l’eau. Une grande enquête à laquelle vous pouvez participer sur le site Prix de l’eau, opération transparence.

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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