Le fabricant suédois Saab a-t-il survendu les qualités de sa voiture 9-3 biopower ? A-t-il fait du greenwashing, ou encore de l’écoloblanchiment ?

En clair, en disant qu’elle était « plus écologique », a-t-il poussé le bouchon publicitaire trop loin ?

En tout cas, la justice française veut savoir.

Elle a mis en examen la filiale française de General Motors.

La Cour d’appel de Paris réclame donc une expertise sur la publicité datant de 2007 et concernant le modèle de Saab 9-3 Biopower.

Le 23 février, réjouissons-nous, la justice française a enfin mis son nez dans le greenwashing, à la demande de la fédération nationale des associations d’usagers des transports, FNAUT, laquelle a porté plainte avec constitution de partie civile, contre GM France pour « publicité fausse ou de manière à induire en erreur ».

Voici ce qu’indique la FNAUT dans un communiqué : « en septembre 2007, SAAB, filiale de GM France, organisait une vaste campagne de publicité pour son modèle SAAB 93 Biopower, ce véhicule qualifié d’ « objet vert non identifié » et de « plus écologique », au motif qu’il peut rouler au bioéthanol E85. »

Selon la FNAUT, il s’agirait pourtant d’un véhicule qui émettrait 200g de CO2 au km lorsqu’il roule au Super et à peu près autant à l’E85, soit le double d’une voiture sobre et très au-dessus de la moyenne des véhicules mis sur le marché en France soit environ 150g.

La Cour d’appel a retenu comme arguments qu’ « il est trompeur de présenter ce véhicule comme vert et plus écologique » alors qu’ « il est particulièrement énergivore ».

Le fait que la SAAB 93 roule à l’E85, un mélange contenant 85 pour cent de carburant issu de betterave ou de canne à sucre, ne permettrait pas de dire qu’il est plus écologique, selon la Cour d’appel, car « les études scientifiques ne sont pas catégoriques quant à la faiblesse du taux de dégagement de CO2 du superéthanol. »

La cour d’appel a trouvé ici des indices graves et concordants relatifs au délit de pratique commerciale trompeuse, conduisant à la mise en examen de GM France.

Rappelons que c’est une première en France, en ce qui concerne le greenwashing automobile.

Cela pourrait donner du fil à retordre à l’entreprise General Motors, qui vient de poser un pied en France en entrant au capital de PSA. Mais aussi aux autres entreprises qui devront faire un peu plus dans la nuance en évitant de parler à tort et à travers d’écologie.

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