11:55 - mercredi février 21, 2018

La Chine va-t-elle gagner le combat contre la pollution ?

Lu 683 fois Jean-Brice Sénégas 0 respond

Il y en a qui l’appellent l'”airpocalypse”, certains en rigolent et l’appelle le “champignon magique”, les autorités chinoises disaient que ce nuage sur Pékin c’étaient tout simplement des feux de paille…

Après deux semaines d’observation scientifique et médiatique, plus personne ne le conteste, le nuage qui enveloppe la capitale chinoise et ses alentours depuis le début de l’année 2013 est bien un nuage de pollution atmosphérique.

Il a affolé les capteurs de particules fines qui sont responsables de maladies cardiorespiratoires… avec 755 microgrammes par mètre cube quand le seuil de dangerosité commence à 300 unités selon les autorités chinoises, alors que l’Organisation Mondiale de la Santé dit que le niveau normal acceptable pour un être humain est de 20 unités, ce qui veut dire qu’actuellement les pékinois subissent une pollution 40 fois supérieure à la normale.

D’où vient ce nuage : de deux sources bien identifiées. Premièrement, l’utilisation massive du charbon pour sa production électrique, et les gaz d’échappement des véhicules.

Car les voitures, l’agglomération de Pékin en compte 800 000 de plus chaque année, et 5 millions circulent en ville chaque jour.

Selon le Figaro, le gouvernement pousse ses entreprises nationales à prendre au moins la moitié de leur marché domestique. Avec la hausse du pouvoir d’achat et la démocratisation des prix des voitures, l’industrie automobile chinoise est tentaculaire, c’est même le premier marché mondial, ce qui pose un grave problème environnemental. De plus, l’essence chinoise contient de hauts niveaux de soufre et de toxiques est très dangereux compte tenu du nombre de véhicules alimentés par elle. Ce constat ne peut que nous affliger. Dans ces conditions comment faire reculer la pollution par les voitures ?

Pékin a annoncé des mesures d’urgence pour sortir de cette « airpocalypse ».

Outre les mesures concernant les fermetures temporaires d’usines et la réduction des émissions de charbon, certains véhicules vont être interdits de circulation dans l’agglomération tant que la pollution restera dans des niveaux inacceptables. Par ailleurs des autoroutes du nord du pays ont aussi été coupées.

Interrogée par l’AFP, la spécialiste de l’environnement en Chine chez Greenpeace Zhou Rong, a expliqué que des mesures concernant l’utilisation du charbon devront être prises pour améliorer la qualité de l’air à Pékin. Mais avec une économie qui roule à tombeau ouvert, la chine demande énormément de mobilité, et celle-ci est loin d’être durable.

Rien n’est impossible, mais on voit que l’empire du milieu est débordé par cette alarme de pollution. On sait que la chine a relevé le défi capitaliste très facilement. Mais saura-t-elle relever le défi environnemental aussi facilement ?

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Jean-Brice Sénégas
Responsable du secteur mobilité de Fréquence Terre
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