85% de la biodiversité française est concentrée dans les territoires d’Outre-mer dont le milieu marin couvre près de 19 fois la superficie de la métropole.

Depuis 400 ans, ces milieux d’outre-mer ont connu 60 fois plus d’extinctions d’espèces qu’en métropole. Déchets, rejets d’eaux usées et densité de la population sont autant de pressions sur ces milieux insulaires fragilisés.

Cette nouvelle arrive alors même que se tenait le 6 décembre dernier à Paris un colloque sur la biodiversité en Outre-mer. Pendant ce colloque organisé par le réseau France Nature Environnement (FNE), les douanes de la Martinique ont annoncé la saisie d’une cargaison de 1 tonne et demie de chair de lambis, un coquillage inscrit sur la liste des espèces menacées d’extinction. Ces mollusques des mers chaudes, recouverts d’une épaisse coquille, sont appréciés dans les Antilles pour leur qualité gastronomique et pour leur nacre. Bien que protégés par la convention de Washington, ils sont la proie des braconneurs.

Cette saisie vient donc renforcer le constat émit par FNE. 30% des extinctions d’espèces de mollusques auraient lieu dans les collectivités françaises d’Outre-mer. Ce qui place la France au deuxième rang derrière les Etats-Unis. L’archipel des Mascareignes – la Réunion, Maurice et Rodrigues- sont souvent cité dans la liste des mauvais élèves.

Chacune de ces régions ultramarines insulaires souffrent d’une urbanisation accrue, et du développement du tourisme qui entraîne des problèmes de gestion de déchets et d’épuration des eaux usées. En outre ces îles sont contraintes d’importer les trois quart de leur alimentation et la presque totalité de leur pétrole.

L’exemple de Mayotte, dans l’océan Indien, devenu récemment le 101e département français et qui vient de sortir de 44 jours de grève contre la vie chère, est éloquent. Les élus de l’île, toutes tendances confondues, ont approuvé le projet de nouvelle piste de 2.600 mètres pour l’aéroport pensant permettre ainsi le développement touristique de l’île et la fin des problèmes. «Mais le projet met en danger le lagon et son récif qui serait recouvert de près de 500 millions de mètres cubes de remblais, alors que c’est le site de nourrissage de la tortue marine et du mammifère dugong, deux espèces menacées».

Autres exemples cités par Bruno Genty, président de FNE : en Martinique, des terres agricoles ont été sacrifiées pour l’installation de panneaux solaires, à St-Pierre et Miquelon, l’une des dernières forêts boréales risque de disparaître suite à l’introduction massive de cerfs de Virginie pour la chasse. A la Réunion, les incendies à répétition détruisent chaque année des milliers d’hectares boisés.

 

Enfin dernier exemple en Guyane, ou l’orpaillage illégal menace depuis quelques années la forêt amazonienne. A ce problème viennent s’ajouter les récentes découvertes de pétrole au large de Cayenne , un important gisement situé à 2.000 mètres de fonds. Deux nouveaux forages de recherche sont prévus pour 2012 malgré des courants marins forts, une 4e étude sismique devrait également préciser le profil géologique d’une zone de 500 kilomètres carrés.

A l’heure actuelle, le champ est exploité par un consortium et trois autres permis de recherche ont été déposés au cours des derniers mois. Le droit européen prévoit une mise en concurrence qui devrait favoriser l’obtention de permis de forage faisant ainsi entrer la Guyane dans l’ère du pétrole et menaçant du même coup le littoral et la mangrove qui recèlent pourtant une vaste biodiversité.

1 COMMENTAIRE

  1. Dans votre acticle :Biodiversité ultra-marine en danger, je peux lire qu’en ce qui concerne la forêt boréale de saint-Pierre et Miquelon, l’introduction massive de cerfs de virginie risque de faire disparaitre la forêt boréale des iles de Miquelon et de Langlade. De qui se moque-t’on! que le cerf de virginie occasionne des dégats sur les jeunes pousses, c’est une évidence, mais est-ce le seul facteur, nous savons trés bien que divers éléments apportent leurs contributions aux dégradations de la forêt. ( vents violents, diprihon,viellissement de la forêt et une faible épaisseur de terre au sol ne permet d’avoir une forêt de grands arbres. Pour mémoire y’a quelques dizaine d’année, je me souviens qu’on tirait la sonnette d’alarme car la pression de chasse faite sur le cheptel risquait de mettre en péril la présence du chevreuil sur Miquelon Langlade.Si la pression menait sur le chevreuil à cette époque avait continuée , serions-nous dans cette situation aujourd’hui ! Pour ma part, malgré l’avis de quelques individus dont la mentalité serait d’éliminer le cerf, la façon dont nous gérons notre gibier trouvera à moyen terme un juste équilibre entre la faune et la flore pour le bien de tout le monde. Il suffit de parcourir la montagne pour constater que plusieurs sentiers parcourus régulièrement par le cerf de virginie commencent à disparaitre par le manque de passage des animaux, si celà n’est pas révélateur d’une diminution du cheptel, qu’on m’en apporte la preuve.

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