Une nouvelle mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées vient d’être entreprise par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et ses partenaires. Elle fait monter à plus de 60 000 le nombre des espèces évaluées et étudiées à ce jour.

Globalement, malgré les programmes de conservation, 25% des mammifères sont menacés d’extinction. Certains semblent avoir définitivement disparus, comme le rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest désormais officiellement Eteint. Deux sous-espèces de rhinocéros blanc sont aujourd’hui à la limite de l’extinction et classées parmi les espèces « Peut-être éteintes à l’état sauvage ». Quand au rhinocéros de Java, il livre lui aussi sa dernière bataille. Réduit à une unique population minuscule, ses effectifs sont en continuel déclin. Cette situation tragique du rhinoceros à travers le monde, est provoquée par le manque de volonté et de soutien politique en faveur des efforts de conservation. Selon Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN, « Dans les cas des rhinos, la situation aurait pu avoir des résultats très différents si les mesures de conservation avaient été mises en place. Il faut renforcer ces mesures maintenant, et particulièrement gérer les habitats de façon à améliorer les résultats de la reproduction. »

A l’inverse certains succès de conservation sont à noter. Le cheval de Prjevalski (Equus ferus) est un exemple de belle réussite. Au départ, en 1996, il était classé comme Eteint à l’état sauvage, mais suite à un programme de reproduction en captivité et de réintroduction, on estime que la population sauvage compte aujourd’hui plus de 300 individus.

Concernant les reptiles, composante importante de la biodiversité, particulièrement dans les habitats arides et sur les îles, de nouvelles espèces ont été évaluées, notamment celles que l’on trouve à Madagascar. Les résultats, alarmants, révèlent que 40% des reptiles de Madagascar sont menacés. Face à ce constat, de nouvelles zones de conservation sont créées à Madagascar et devraient aider à préserver une proportion significative des espèces En danger critique d’extinction, comme le caméléon Tarzan (Calumma tarzan) ou le caméléon au nez bizarre (Calumma hafahafa).

Les plantes aussi sont des ressources essentielles et une composante indispensable des habitats. Elles sont pourtant sous-représentées dans la Liste rouge de l’UICN qui a élargi sa connaissance des conifères. Les résultats concernant ces derniers révèlent une disparition du sapin d’eau chinois, jadis très répandu en Chine et au Vietnam. La plus grande des populations récemment découverte au Laos a été détruite lors de la construction d’un projet hydraulique. Cette espèce pourrait rapidement s’éteindre à l’état sauvage.

Enfin, la Liste rouge de l’UICN suit de près les découvertes scientifiques. Par exemple, jusqu’à il y a peu, on ne connaissait qu’une espèce de raie Manta, mais de nouvelles comparaisons des observations de terrain révèlent aujourd’hui qu’il y a en fait deux espèces de raies Manta : la raie Manta de récif (Manta alfredi) et la raie Manta géante (Manta birostris). Toutes deux sont maintenant classées Vulnérables.

Dans le monde marin, les résultats détaillés montrent que la situation est particulièrement grave pour les thons. Cinq des huit espèces de thons sont dans les catégories menacées ou Quasi menacées. De même, les amphibiens qui jouent un rôle vital dans les écosystèmes, figurent parmi les espèces les plus menacées. 26 récemment découvertes ont été ajoutés à la Liste rouge de l’UICN. Ces indicateurs de la santé de la biodiversité montrent qu’il y a urgence à mieux identifier les besoins et à trouver les adaptations nécessaires pour faire progresser la conservation.

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