Le transport de marchandises par tramway, expérience originale actuellement en cours dans le réseau de transport en commun parisien.

La capitale doit résoudre le problème, le casse-tête même, bien connu des logisticiens de la livraison en centre ville du « dernier km ». Jusqu’au 10 décembre, la ligne T3 qui transporte habituellement des voyageurs du pont de Garigliano à la porte d’Ivry, c’est-à-dire du sud ouest au sud est de Paris, est en phase de test pour le transport de fret. Deux rames de tramway sont intercalées dans le trafic du lundi au samedi, en heures creuses sans prendre de voyageurs.

Pour l’instant les rames circulent à vide. Le but est d’abord de voir si ce surplus de circulation dérangera le trafic de passagers. Ensuite seulement viendront les phases de tests avec marchandises fin 2012, mais il faudra avoir défini le matériel roulant qui sera utilisé pour ce tram fret, et notamment avoir déterminé la charge admissible, la motorisation et cela n’est pas encore fait.

Théoriquement, une rame de tram pourra transporter 60 à 80 tonnes de marchandises, l’équivalent de 3 semi-remorques. C’est quasiment l’équivalent de l’approvisionnement d’un supermarché par jour. Pour l’heure les études sont menées avec deux enseignes de grande distribution, Carrefour et Casino, pour l’approvisionnement de leurs magasins parisiens en bordure de ligne.

Ainsi un camion viendra porter sa marchandise depuis un entrepôt situé en grande couronne et l’apportera dans un autre entrepôt, cette fois situé sur un embranchement au tramway.

Après la ligne T3, la ligne T2 devrait aussi être sollicitée. L’objectif c’est une mise en fonctionnement dès 2013 ou 2014. D’autres villes françaises qui ont un tram voudrait aussi profiter de l’expérience parisienne pour mettre éventuellement en place ce tram fret chez elles, comme Nantes ou Montpellier.

La municipalité parisienne s’appuie sur deux réussites à l’étranger pour donner du crédit à son idée : l’exemple de Dresde en Allemagne, qui roule depuis 2001. Et celui de Zurich, où le tram transporte carrément des déchets encombrants. Il existe aussi un exemple français avec l’enseigne Monoprix qui utilise une navette ferroviaire entre Combs la ville et Paris Bercy par la ligne D du RER.

Un bémol toutefois à cette euphorie, car l’exemple hollandais d’Amsterdam, où un projet d’approvisionnement des magasins du centre-ville baptisé CityCargo a dû être stoppé faute de financements.

A terme, Paris voudrait profiter des 100 km du réseau de tramway disponibles en 2020, en Ile-de-France. Mais pour la municipalité parisienne il s’agit de ne pas louper le coche, car rien qu’entre 2000 et 2007 le nombre de superettes est passé de 200 à 350 dans Paris intramuros, occasionnant une hausse importante des circulations de marchandises. Le transport de marchandises en ville représente 25 pour cent des émissions de CO2, et 50 pour cent des particules. En île de France, on a carrément dépassé maintenant le million de livraisons quotidiennes.

La prochaine expérimentation avec des marchandises cette fois à bord des trams devrait avoir lieu l’an prochain, en fin d’année, sur les lignes 2 et 3.

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