Le 16 mai dernier Nicole Bricq, alors sénatrice socialiste de Seine et Marne, est nommée ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie dans le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Ancienne députée, rapporteure générale du budget au sein de la Commission des finances du Sénat et proche du Président, la nomination de Nicole Bricq est saluée par le milieu écologiste, notamment par France Nature Environnement (FNE), Greenpeace et le WWF.

Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (qui regroupe 3000 associations environnementales) souligne “une culture écolo et une culture du dialogue” chez la ministre. Il se réjouit également du retour de l’énergie, secteur qu’avait perdue Nathalie Kosciusko-Morizet en succédant en 2010 à Jean-Louis Borloo.

Autre temps, autre ministres… Benoît Hartmann, regrette toutefois la séparation avec le ministère de l’Égalité des Territoires et du Logement aux mains cette fois de Cécile Duflot, secrétaire national d’Europe Ecologie- les Verts. Il averti qu’il faudra un “premier ministre fort” capable de coordonner les actions de tous les ministères concernés par l’environnement.

On l’aura compris, les deux nouvelles ministres Nicole Bricq et Cécile Duflot devront composer ensemble, notamment sur le champ du développement durable. Et le rôle fort que devront jouer les collectivités locales dans ce domaine devrait permettre à Cécile Duflot de se faire entendre.

Si pour beaucoup la nomination de Nicole Bricq est une surprise, elle est “un gage de sérieux et de crédibilité pour mieux intégrer l’environnement au cœur du budget et des politiques publiques” a déclaré pour sa part Serge Orru, Directeur général du WWF France.

Il rappelle que “Nicole Bricq est une spécialiste de la fiscalité écologique et de la transposition de la directive sur le marché du gaz”. La ministre est en effet à l’origine de la Réforme fiscale écologique (RFE) en 1999. L’idée consiste alors à déplacer une partie de la charge fiscale vers les activités polluantes, en taxant principalement les énergies fossiles.

Nicole Bricq a aussi été membre de la commission d’enquête à l’assemblée nationale après la catastrophe de l’usine AZF à Toulouse. Et elle est l’auteure de la proposition de loi relative à la réforme du régime des catastrophes naturelles suite à la sécheresse de 2003.

A bientôt 65 ans, cette fille d’agriculteurs de Rochefoucauld (Charente) a la réputation d’être une “réformiste de caractère”. Et il lui en faudra pour préparer d’ici 2017 le démantèlement de la plus vieille centrale de France à Fessenheim. Elle doit en outre organiser un “grand débat citoyen” sur l’énergie qui doit aboutir au vote d’une loi de programmation de transition énergétique. Et comme l’a promis François Hollande dans son programme de campagne, elle devra également “favoriser la montée en puissance des énergies renouvelables en soutenant la création et le développement de filières industrielles dans ce secteur”.

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