L’altermondialiste Vandana Shiva mène actuellement une nouvelle campagne internationale pour « des semences libres».

En tournée européenne et de passage à Paris le 10 octobre dernier dans le cadre de cette campagne, la scientifique indienne a ainsi dénoncé la mainmise de l’agro-industrie sur les semences, essence de la biodiversité et de la sécurité alimentaire.

Cette campagne, s’appuyant sur un rapport établi par plus d’une centaine d’organisations, est « un processus politique participatif pour libérer les semences, libérer les fermiers et libérer les êtres humains de ce que je considère clairement comme un nouveau système d’esclavage », a déclaré Vandana Shiva lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à la mairie du IIe arrondissement de Paris.

Vandana Shiva est une physicienne, épistémologue et écologiste de 60 ans. Elle est aussi écrivain et docteur en philosophie des sciences, et dirige la Fondation de la recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles.

Vandana Shiva sème les graines de la révolte depuis 1987 avec son mouvement baptisé Navadanya, dont la priorité est de sauvegarder la diversité génétique des graines et de lutter contre les brevets déposés par les firmes comme Monsanto.

Alors que se tient actuellement dans son pays, à Hyderabad, la conférence de l’ONU sur la biodiversité, Vandana Shiva assure que « Les brevets n’ont qu’un objectif : obliger les fermiers à acheter des semences tous les ans ».

Vandana Shiva préconise l’organisation d’échanges de semences et de manifestations devant les entreprises semencières multinationales. Elle incite les particuliers ou élus à déclarer leurs maisons ou leur ville « zones de liberté pour les semences ».

Pour bien comprendre, posons-nous la question : que signifie « breveter le vivant » ?

La brevetabilité du vivant désigne la possibilité de déposer un brevet sur un organisme vivant, animal ou végétal. Le brevet peut porter sur le procédé d’obtention, sur l’organisme lui-même ou bien encore sur certains de ses composants seulement, sur ses gènes par exemple. Les organismes vivants font aujourd’hui l’objet de multiples demandes de brevets. La conséquence du brevetage du vivant est que le produit breveté appartient au détenteur du brevet. Toute personne désirant utiliser ce produit doit alors rémunérer financièrement le propriétaire.

Pour Vandana Shiva, «certaines entreprises pensent qu’on peut posséder la vie sur terre à travers des brevets et des droits de propriété intellectuelle. Mais les brevets sont applicables aux inventions, or la vie n’est pas une invention». La militante accuse le monopole sur les graines de piéger les agriculteurs dans une spirale de l’endettement.

La militante essaye de trouver des alternatives au brevetage. Avec son mouvement, elle collecte depuis plus de 20 ans des graines afin de conserver la diversité biologique et de fournir les graines gratuitement aux paysans qui en ont besoin.

Plusieurs associations dans le monde suivent le mouvement et essayent de créer des conservatoires de graines, comme Kokopelli en France qui enregistre une collection de plus de 2200 variétés de semences.

La quinzaine pour « la liberté des semences » se tient jusqu’au 16 octobre, journée Mondiale de l’Alimentation.

Vous pouvez rétrouver cette chronique sur www.frequenceterre.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire ici
Entrez votre nom ici