PPhoto journal Sud- Ouest
Photo journal Sud- Ouest
Jean-Louis Bresson
pour Fréquence Terre, ” Cent mille tonnes de ”.
Afin d’éliminer les déchets ménagers ou poubelles, de 97 communes de Saintonge, de Marennes et de l’île d’Oléron, il est envisagé d’installer en Charente Maritime, un super incinérateur, baptisé : Centre multifilières de (CMVD). C’est pas un four, c’est un centre. Et au centre de ce centre, il y a un incinérateur, un four…. Comme le relèverait probablement notre ami Pierre Guelff, on peut noter ici que les promoteurs du Centre Multifilières semblent très « à cheval » sur les mots. Incinérateur ou four, il s’agit bien de détruire par le feu. Il s’agit d’incinérer 85 000 tonnes de déchets ménagers et 12000 tonnes d’encombrants issus des déchetteries.
La future usine, car cet incinérateur qui n’est pas un four mais un Centre mulifilières est en réalité une usine, ce sera une usine propre. Les élus assurent leurs concitoyennes et concitoyens que cette usine de traitement (traitement… multifilières donc) sera d’une qualité environnementale irréprochable. Les fumées toxiques seront neutralisées, les métaux seront recyclés, on produira un compost de qualité. En un seul mot, c’est un projet « écolo ».
Ce projet qui ne semble pas être la seule solution possible aux problèmes multiples qu’il soulève, a reçu l’assentiment des élus. Des fonds d’étude ont déjà été engagés. Des contrats signés. Une association s’est constituée pour dire son opposition raisonnée au projet de super incinérateur, pour proposer aussi d’autres solutions envisageables comme un tri pour revalorisation, créateur d’emplois. Plusieurs réunions publiques se sont déjà tenues. Les questions posées par les habitants tournent autour de deux axes : le coût et la logique…. Ou absence de logique ! Car enfin, il y a bien eu « Grenelle de l’ ». il était bien question de réduire et revaloriser, pas de brûler encore plus !
Il est vrai qu’il semble compliqué de s’y retrouver…. De quoi parle-t-on au juste ? Ne parlait-on pas de près de 100 000 tonnes de déchets à traiter ? Est-ce que ce n’est aps cela la vraie question ? Pourquoi 100 000 tonnes ? Peut-être faudrait-il prendre le problème « par le bon bout » ! Partir de l’analyse de ce qui est jeté. Un maire d’une commune alsacienne est d’ailleurs venu expliquer aux habitants du Pays Rochefortais, les problèmes qu’il faut aussi résoudre lorsqu’on opte pour une autre solution que celle de l’incinération. Le cancérologue Dominique Belpomme est lui aussi venu apporter un éclairage sur les liens qui existent entre qualité environnementale et cancers. Et puis il y a le coût. 80 millions en investissement et un budget fonctionnement non négligeable qui pourrait se traduire par des augmentations à la collecte. Autant de questions qui ici, ne semblent ne laisser personne indifférent.

3 Commentaires

  1. Avec votre autorisation, je reprendrais volontiers votre texte dans une prochaine chronique ” A Bicyclette” pour Fréquence Terre. Voici le mail que je vous propose d’utiliser si vous le souhaitez, pour nous permettre de communiquer: ici17@free.fr Cordialement, Jean Louis Bresson chroniqueur pour F.T

  2. Aujourd’hui, le seul traitement des déchets résiduels qui soit moins cher que l’incinération, c’est la décharge. Laquelle est située, par l’Union européenne, en dernière position dans l’ordre de priorité des modes de gestion des déchets.
    La méthanisation est plus chère. Le tri mécano-biologique (TMB) est aussi plus cher, qu’il soit suivi d’un compostage seul ou d’une méthanisation + un compostage. Le recyclage est intéressant, mais tout ne se recycle pas.
    Alors vos ordures, vous en faites quoi ?
    A Manspach, d’où vient l’élu d’Alsace mentionné, les quantités totales de déchets générées par habitant sont supérieures à la moyenne française. Preuve que la facturation incitative ne résout pas tout.
    Quant aux cancers, selon le directeur de l’étude de l’InVS sur les risques sanitaires liés aux incinérateurs, Pascal Empereur-Bissonet, il n’est aujourd’hui plus pertinent de chercher de ce côté-ci, tellement le risque est faible comparé à d’autres sources d’émissions (transports, chauffage, etc.). Selon lui, si on faisait, aujourd’hui, une nouvelle étude prenant en compte les niveaux actuels d’émissions des incinérateurs, il n’est même pas certain qu’on arriverait à détecter une “signature sanitaire” des incinérateurs. Or, il faut le rappeler, l’étude de l’InVS est la plus “puissante” (en termes statistiques, compte tenu de la taille de l’échantillon et du nombre d’années considéré) jamais réalisée au monde.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire ici
Entrez votre nom ici