Une ville durable peut-elle exister sans intégrer l’eau à son développement ? C’est la question au centre d’une conférence “Réinventons l’eau en ville” organisée par l’association 4D, ce mercredi 14 décembre à Paris, en association la Fondation .

Changer son regard sur l’eau en ville, mieux appréhender le lien entre changement climatique et cette question de l’eau dans l’espace urbain : les défis à relever sont nombreux.

La question de l’eau en ville a été si négligée ces dernières décennies ?

« Pas forcément négligée. Mais l’eau en ville a été traitée historiquement en France comme une menace. On a cherché à évacuer l’eau des villes, à la canaliser, voire à la cacher. Elle a été assimilée à un danger dans l’imaginaire collectif, associée à la prolifération de maladies ou au risque de noyade. La conséquence est que l’on a vidé l’eau de nos villes en imperméabilisant et en artificialisant nos sols. Aujourd’hui les eaux de pluie qui tombent en ville quittent le cycle local de l’eau, parce qu’elles sont canalisées, traitées dans les stations d’épuration puis rejetées à l’extérieur des villes sans pouvoir jouer leur rôle de recharge des nappes phréatiques.

Les conséquences, on les subit au quotidien : hausse des températures, des phénomènes d’îlots de chaleurs urbains, des inondations. En raison du changement climatique, on s’aperçoit que de plus en plus de villes françaises et d’institutions qui s’intéressent à la question de l’eau remettent en question ce schéma et se penchent sur la réintroduction de l’eau en ville. »

Quel est le lien entre ressource en eau et changement climatique ?

« Les conséquences principales du changement climatique sont des catastrophes telles que inondations, sécheresse, désertification. Toutes ces catastrophes sont liées à l’absence ou au surplus d’eau. La ressource en eau est également liée au changement climatique par les sols.

Notre gestion de l’eau, qui est rarement considérée comme un facteur du changement climatique, jour son rôle dans ce changement. En déforestant, en imperméabilisant les sols, en surexploitant les nappes phréatiques pour des usages industriels, agricoles ou énergétiques, on contribue à assécher et à appauvrir nos sols. Cela perturbe le cycle local de l’eau et, au final, le qui est intrinsèquement lié à la question de l’eau. »

© 4D

Il y a donc nécessité de restaurer le cycle de l’eau en ville, de valoriser l’eau. Par quels biais ?

« Un des principaux leviers qui est activé par les villes en France, c’est de mettre en place une gestion alternatives des eaux de pluies. France Libertés  a d’ailleurs publié un livret « Gestion des eaux pluviales en milieu urbain : engagez vous dans la lutte contre le changement climatique ».

En France, les méthodes traditionnelles de gestion des eaux pluviales mises en place en ville consistent à prendre en charge rapidement les eaux pluviales dans les réseaux d’assainissement, à les envoyer vers les stations d’épuration, et à les traiter au même titre que les eaux usées. De plus en plus d’experts constatent une inefficacité grandissante de ces méthodes face au changement climatique et insistent sur la nécessité de restaurer le cycle de l’eau en ville. Il faut favoriser l’infiltration de l’eau, la revégétalisation des villes et la réapparition de l’eau dans la ville. L’eau a un vrai pouvoir rafraichissement en milieu urbain. Avoir des surfaces perméables permet de lutter contre les inondations et contribue au des populations urbaines qui sont en manque de nature et de verdure en ville. »

Une conférence “Réinventons l’eau en ville” se tient donc à Paris ce mercredi 14 décembre. Quel en est l’enjeu ?

« Il s’agit d’une part de sensibiliser le public aux interrelations entre eau, changement climatique et ville. Mais cette conférence a aussi pour but d’inviter le public à changer son regard sur l’eau en ville. L’eau peut soulager les pressions exercées par le changement climatique. Mais elle peut aussi avoir une fonction ludique et pédagogique. »

“Réinventons l’eau en ville”, c’est mercredi 14 décembre, à 17h30, au Pavillon de l’eau, avenue de Versailles à Paris.

Nous verrons la semaine prochaine les exemples concrets mis en œuvre par certaines municipalités. Des techniques alternatives qui ne demandent qu’à se développer.

Pour aller plus loin :

 

 

 

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