11:06 - samedi septembre 23, 2017

La ressource en eau : une préservation essentielle mais difficile

Lu 3974 fois Philippe Boury 0 respond
© France Libertés

Sensibiliser, plaider et agir, ce sont les trois volets de l’action de France Libertés. Depuis 30 ans, la Fondation soutient des projets de terrain pour défendre les droits humains, les biens communs du vivant et pour préserver les savoirs traditionnels des communautés locales pour s’en inspirer.

Cette année, quatre projets portés par des associations locales œuvrant au quotidien pour préserver la ressource en eau, sont soutenus par la Fondation.

La semaine dernière, Monde solidaire a évoqué les projets soutenus en Afrique subsaharienne et en Équateur, des actions de formation et de sensibilisation. Direction cette semaine Les États-Unis et l’Uruguay.

Uruguay, France Libertés soutient l’association REDES, une branche locale des Amis de la Terre,  qui a une action plus politique .

« L’objectif du projet est de provoquer un changement politique dans la vision de l’eau et sa gestion durable et participative au niveau local, en renforçant les capacités des institutions et des communautés rurales. Les activités menées visent à apporter une expertise juridique sur les accords signés entre l’État uruguayen et les entreprises transnationales extractives telles que Total. Et il s’agit également  de participer activement aux échanges avec les autorités nationales compétentes en matière d’eau. REDES va vraiment chercher à impulser des politiques alternatives et protectrices du droit à l’eau pour tous et générer un véritable débat public. C’est effectivement un projet très politique. L’idée est d’amplifier ce débat public impulsé par REDES et  d’y ajouter la mise en valeur des alternatives de développement local pour ces territoires ruraux. La mise en place de l’agroécologie comme mode de développement est l’une des solutions. »

Aux États-Unis, France Libertés apporte son soutien à une communauté de défense de l’environnement. On imagine pourtant que là-bas les associations sont organisées. Quel est votre contribution sur ce droit à l’eau aux États-Unis ? Existe-t-il ?

« Le CELDF, notre partenaire aux Etats-Unis, travaille dans la lutte contre la menace extractive que représente le fracking (fracturation hydraulique) ou l’exploitation des gaz de schistes. C’est une activité qui est extrêmement développée sur certains territoires aux Etats-Unis. Le CELDF est une association de juristes qui travaillent sur la structure de la loi. Aux Etats-Unis, il existe un droit des entreprises à l’eau mais pas un droit humain à l’eau. L’association va chercher à agir auprès des communautés locales afin de faire passer des chartes communautaires. Ces textes de loi, qui reconnaissent le droit à l’eau pour les communautés humaines et naturelles dans les limites d’un territoire donné, privilégient les usages humains et naturels aux usages industriels. Le CELDF va apporter un appui juridique à la rédaction des chartes qui sont soumises au vote citoyen. L’ambition est de donner des outils juridiques en introduisant des procédés de démocratie participative assez efficaces. De nombreux territoires ont voté le bannissement d’activités extractives. La première ville à l’avoir voté est celle de Pittsburg. Le CELDF est très actif auprès de communautés en Pennsylvanie, en Oregon ou en Ohio. »

 

Quels sont les points communs à tous ces projets ?

« Toutes ces associations cherchent à renforcer les capacités des populations locales face aux activités extractives. L’objectif est de permettre aux communautés d’être acteurs dans la défense de leur droit à l’eau sur le long terme. C’est cet objectif qui anime le travail de nos partenaires locaux. »

Pour aller plus loin :

 

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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