5:05 - mardi octobre 17, 2017

Fin des emplois aidés : un plan social pour les associations

Lu 870 fois Philippe Boury 0 respond

“Un plan social de grande ampleur pour les travailleurs du secteur associatif !” C’est ce qu’a dénoncé mi-septembre ASSO, le syndicat des salariés du monde associatif. Les associations ont réagi à l’annonce début août par la ministre du Travail, Muriel Penicaud, de la suppression de 260 000 contrats aidés en deux ans.

En 2016, ce sont 459 000 contrats qui ont été signés. Ils sont passés à 310 000 en 2017. Et pour 2018, seuls 200 000 emplois aidés sont prévus. Aujourd’hui, le monde associatif, c’est 1,8 millions salariés. 130 000 sont des emplois aidés, soit 8%.

Démocratie locale, insertion professionnelle, actions sanitaires et sociale, défense de l’environnement, les associations craignent que la suppression de leurs emplois aidés ait des conséquences dramatiques pour leur fonctionnement. Le syndicat parle de “catastrophe humaine pour les personnes” dont les contrats ne seront pas renouvelés. Mais il y a aussi une “catastrophe sociale” induite par la décision du gouvernement. De nombreux services ne pourraient, de fait, plus être rendus à la population.

ASSO rappelle que le secteur associatif a toujours été “à la fois un grand pourvoyeur de premier emploi ainsi qu’un laboratoire du travail précaire.” Depuis les années 1990, “l’Etat n’a jamais cessé de déléguer au secteur associatif un certain nombre de missions qui lui incombent sans lui offrir les moyens de les mener à bien », explique le syndicat qui pointe la baisse continue des subventions qui s’inscrivent de plus en plus dans une “logique libérale d’appels d’offre.”

ASSO, qui réclame à la ministre la création d’un “emploi associatif de qualité”, a d’ores et déjà commencer à effectuer un travail de recensement des emplois supprimés dans les associations. Une carte interactive, baptisée “Carto-grise Contrats aidés”, dénombre déjà, en quelques jours, 594 emplois supprimés dans 249 structures.

Cette carte est accessible via le site du syndicat ASSO

Carto-grise Contrats aidés

Carto-grise Contrats aidés

 

Les associations restent malgré tout mobilisées. Les ONG environnementales entendent peser sur les Assises de la mobilité, qui sont lancées cette semaine. Ouvertes ce mardi 19 septembre, par le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre des Transports, Elisabeth Borne, ces Assises dureront trois mois et doivent aboutir à un projet de loi pour début 2018.

Réunies la semaine dernière en amont des Assises, huit ONG ont souhaité saisir l’occasion pour sortir d’un modèle de mobilité qui a atteint ses limites et qui n’est plus en adéquation avec les exigences environnementales actuelles.

Lors sa présentation du plan climat au mois de juillet, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a décliné les objectifs pour que la France atteigne une “neutralité carbone” d’ici 2050. Il prévoit notamment la fin de la vente des voitures à essence et diesel d’ici 2040.

Ces engagements doivent être “mis en œuvre”, assure le Réseau Action Climat qui juge le modèle de transports actuel “à bout de souffle.” Les associations environnementales, (Réseau action climat France, le Réseau pour la transition énergétique, France nature environnement, Les amis de la terre, la FUB, WWF, la Fnaut et la Fondation pour la nature et l’homme), insistent pour que, “trente-cinq ans après la dernière loi sur les transports, la future loi de programmation s’inscrive dans la trajectoire de sortie des énergies fossiles avant 2050.”

Ces Assises se doivent d’être une “formidable occasion de reposer la question de la mobilité au sein du quotidien” affirme de son côté le GART, le Groupement des autorités responsables de transport, une association d’élus de collectivités, au service de la mobilité. “Mobilités douces, VTC, covoiturage, toutes les mobilités doivent être intégrées aujourd’hui”, estime pour sa part l’Union des transports publics, organisation professionnelle regroupant les entreprises de transport public et les entreprises ferroviaires.

Un unanimisme rassurant. Gageons que ce ne soient pas que des engagements de façade et que tous tirent dans le même sens pour influer fortement et positivement sur les préconisations finales de ses Assises de la mobilité et sur le projet de loi.

Pour aller plus loin :

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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