1:14 - dimanche novembre 19, 2017

Les lauréats du Prix Danielle Mitterrand 2017

Lu 1523 fois Philippe Boury 0 respond
© France Libertés

Le 18 novembre, la Fondation France Libertés remettra son prix Danielle Mitterrand à deux lauréats, deux acteurs de la société civile qui œuvrent pour un monde plus humaniste : le collectif Or de question et la militante autochtone Hindou Oumarou Ibrahim.

  • Avec Marie de França, volontaire en service civique sur le programme « Droits des peuples » à la Fondation France Libertés.

Ce prix existe depuis 2013. Qu’est-ce qui a motivé sa création et qu’entend-il mettre en lumière ?

« Le but était de poursuivre l’œuvre de Danielle Mitterrand et de transmettre ses valeurs, sa vision d’un monde un peu plus solidaire. C’est sa cinquième édition. Il s’agit de récompenser les initiatives citoyennes qui reposent sur le refus du fatalisme et une envie d’un monde plus juste. Il y a deux prix, le prix Danielle Mitterrand et le prix spécial Danielle Mitterrand. C’est toujours en rapport avec les thématiques de France Libertés, le droit à l’eau, le droit des peuples autochtones, la lutte contre la biopiraterie et l’extractivisme, et le peuple kurde. En 2015, nous avions remis le prix aux combattants peshmerga pour leur résistance, et en 2016 c’était Vandana Shiva qui lutte contre la biopiraterie. »

Les deux lauréats cette année sont le collectif Or de question et la militante autochtone Hindou Oumarou Ibrahim. Commençons par elle. Qui est-elle ?

© France Libertés

« C’est une jeune femme du Tchad. Elle est Peul Mbororo. C’est la coordinatrice de l’association des femmes peuls et peuples autochtones du Tchad. Elle a participé à sa création quand elle avait 15 ans. Elle est aussi représentante régionale du bassin du Congo au comité de coordination des peuples autochtones de l’Afrique, un comité qui regroupe 140 associations de 22 pays, et vice-présidente du Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique. »

Pour quoi lui décerner ce prix spécial Danielle Mitterrand cette année ? Quel est son combat ?

« Nous l’avons mise en lumière car son combat est très proche de celui de France Libertés. Hindou Oumarou Ibrahim œuvre pour la représentation des peuples autochtones au niveau international et pour la reconnaissance de l’importance de leurs savoirs traditionnels dans la lutte contre le changement climatique. Elle est très impliquée dans la lutte contre le changement climatique, pour la protection de l’environnement et pour le droit à l’eau. Et elle est très féministe. Elle travaille sur inclusion de femmes et le droit des femmes. »

Et Hindou Oumarou Ibrahim est également l’auteur de l’ouvrage « La fille peule autochtone du Tchad », qui décrit les conditions de vie difficiles des femmes au Tchad.

Le collectif Or de question est aussi à l’honneur cette année. Il se mobilise contre le projet de mine d’or Montagne d’Or en Guyane qui, si elle était construite, serait la plus grande mine d’or à ciel ouvert jamais construite en France. En quoi ce collectif est emblématique ?

« Il est emblématique car c’est un collectif d’organisations guyanaises. C’est une action de résistance citoyenne face à un projet d’extractivisme type. C’est un des risques les plus importants au niveau de la Guyane en termes de pollution des sols, des eaux, de l’air. Mais c’est aussi un risque en termes d’impact sur les populations locales. Ce sont les Guyanais qui vont être les premiers impactés, dont les peuples amérindiens. Et on n’a pas obtenu leur consentement. Les chefs coutumiers se sont réunis. 13 d’entre eux se sont opposés fortement au projet. Le conseil consultatif des peuples amérindiens a envoyé une lettre au président de la République pour s’opposer au projet. La CNCDH, commission nationale de consultation des droits de l’homme, a demandé un moratoire sur le projet. Tous les peuples de Guyane qui ont été appelés à s’exprimer ont montré leur opposition au projet. C’est pour cela que c’est emblématique. On considère à France Libertés que les peuples autochtones ont un droit à l’autodétermination, qu’ils ont le droit de choisir leur développement, qu’ils ont le droit de refuser les projets qui vont les impacter en premier lieu. On soutient le collectif car c’est un exemple type d’extractivisme et à aucun moment leur consentement n’a été demandé. »

© Or de question

Quel est l’impact de ce prix pour les combats des lauréats ?

« Cela dépend de chaque combat. Mais l’impact est bénéfique car cela permet à ce combat de prendre plus d’ampleur. Et cela permet de dénoncer plus fortement ce contre quoi ils s’opposent. Nous invitons des personnages politiques lors de la remise des prix et on répand la nouvelle qu’il y a encore des gens qui sont prêts à lutter contre certains projets et ils peuvent agréger plus de soutiens. »

Les deux prix Danielle Mitterrand seront remis le 18 novembre lors du lancement du Festival des solidarités à Paris.

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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