Défendre les droits humains et les biens communs du vivant, c’est l’engagement de la Fondation France Libertés depuis sa création en 1986.

Et depuis quelques années, la Fondation a lancé une gamme de produits solidaires destinés à permettre le financement de ses actions. Des jeux, des bijoux, des vêtements, des sacs, font, entre autres, partie des produits disponibles. Aujourd’hui, une gamme de cosmétiques vient compléter l’offre pour mettre en avant la défense des peuples autochtones.

Avec Léna Bauer, responsable de la communication à France Libertés

On peut se dire que la vente de produits en ligne par une association de votre type peut paraître étonnant. Quelle est l’idée ?

« La boutique en ligne de la Fondation, c’est avant tout une boutique solidaire. Tous les bénéfices qui sont issus des ventes reviennent aux actions de la Fondation pour défendre les droits humains et les biens communs. Aujourd’hui, on a une cinquantaine de produits sur notre boutique en ligne. Ce sont uniquement des produits qui correspondent à nos valeurs. On peut y trouver des jeux qu’on a développé pour sensibiliser aux peuples autochtones, il y a des gourdes pour éviter de consommer des bouteilles d’eau en plastique, il y a de nombreux livres sur nos thématiques ».

Est-ce une manière de toucher plus de gens, de sensibiliser un autre public à vos actions ?

« Oui. La plupart des produits qui sont sur notre boutique en ligne sont des outils de sensibilisation, sont des outils de découverte des autres. On touche effectivement un autre public grâce à cette boutique, puisque ce sont des personnes qui ne sont pas forcément sensibilisés, engagés, militants, qui vont sur notre site internet pour trouver des produits de qualité, des produits qui leur servent dans la vie de tous les jours mais qui respectent leurs valeurs. »

Vous lancez une gamme de cosmétiques. Quelles sont leurs particularités ?

« C’est une collaboration entre la marque de cosmétiques Aïny et la Fondation France Libertés. On a en vente une dizaine de produits cosmétiques, des gommages, des crèmes, des sérums. Dans tous ces produits, on retrouve des plantes d’Amérique du Sud, et plus particulièrement des Andes et d’Amazonie, qui sont utilisés dans des rituels ancestraux de protection et de guérison. »

Vous travaillez avec la société Aïny, qui développe et commercialise ses produits. Quels sont ses engagements ?

« Aïny est engagée dans une logique de commerce équitable. Elle achète ses plantes aux producteurs à des prix justes. Elle est également engagée pour la nature, puisque ses produits sont biologiques. Ils sont certifiés Ecocert, ils ont une labellisation Cosmébio. Et ils respectent les animaux, puisque ni les ingrédients, ni les produits ne sont testés sur les animaux. »

© pvdberg

Avec quelles populations l’entreprise a-t-elle noué des partenariats ?

« Cela dépend des plantes. Pour le Sacha Inchi, l’entreprise a noué des partenariats avec les Ashaninkas et les Yaneshas, qui sont des producteurs de Sacha Inchi en Amazonie péruvienne. Le Sacha Inchi, est une plante qui était déjà connue des Incas et qui est utilisée encore aujourd’hui au Pérou comme un onguent anti vieillissement. Pour d’autres plantes, Aïny a noué des partenariats avec d’autres peuples, par exemple le peuple Quecha, qui habite dans la Vallée Sacré autour de Cuzco au Pérou, et qui sont les descendants directs des Incas. Ou encore avec le peuple Achuar qui habitent en Equateur et au Pérou et qui auparavant était connu sous le nom de Jivaros. »

Quels sont les bénéfices pour ces peuples autochtones ?

« Pour les peuples autochtones, cela leur permet surtout de valoriser leur savoir traditionnels, puisque la marque respecte leurs connaissances et développe avec eux des alternatives à la biopiraterie, c’est-à-dire à l’accaparement de la biodiversité et des savoirs traditionnels. Les peuples autochtones, qui sont les partenaires d’Aïny, reçoivent 4% du chiffre d’affaire de la marque comme droits d’utilisation de leurs savoirs traditionnels. Les peuples ont l’assurance qu’aucun brevet ne sera déposé sur les plantes par la marque. »

C’est un soutien financier et un outil d’aide à leur combat ?

« Tout à fait. C’est un soutien financier qui n’est pas un soutien caritatif. C’est vraiment un soutien dans le cadre des droits d’utilisation de leurs savoirs traditionnels. Les peuples autochtones, ici, sont de véritables partenaires de l’entreprise. C’est une manière de protéger leurs savoirs traditionnels et de les accompagner dans la défense de leurs droits. »

En quoi la démarche de l’entreprise rejoint celle de la Fondation ?

« France Libertés lutte contre la biopiraterie depuis plusieurs années. Cette démarche prouve qu’il y a des alternatives à l’appropriation des savoirs, y compris dans le secteur cosmétique. Et plus largement, cela montre que c’est possible pour les citoyens de consommer des produits qui sont en accord avec leurs valeurs et leurs convictions. »

Pour aller plus loin :