Et si nous construisions des communes plus écologiques, solidaires et démocratiques ?

Face au dérèglement climatique, à la croissance des inégalités, à la crise de la démocratie, de nombreux citoyens en appellent à un changement de société. Et ce changement peut s’opérer dès les municipales de 2020.

C’est le pari que fait le Collectif pour une Transition Citoyenne. 27 mouvements, dont , ont lancé le Pacte pour la Transition à destination des futurs candidats, pour peser sur les orientations de leurs programmes.

Quel est le but de ce pacte ?

« Il s’agit d’un outil qui vise à favoriser la participation citoyenne pour construire des communes de demain, plus solidaire écologique et démocratique, pour faire face à tous les enjeux qu’ils soient environnementaux ou sociaux ».

L’idée de ce pacte, lancé en octobre 2018, est bien d’interpeller les futurs candidats aux municipales. C’est à cet échelon que la transition peut se faire plus facilement ?

« Oui, absolument. La façon d’agir du pacte va être d’encourager un dialogue entre les citoyens et les candidats dans le cadre des campagnes pour les municipales de 2020. Ce pacte vise une liste de 30 mesures concrètes et applicables à l’échelle d’une commune pour favoriser la transition écologique, solidaire, et démocratique dans ces communes. Il y a une plateforme numérique qui a été mise en place pour que les participants puissent voter pour ces fameuses mesures à mettre en œuvre. Et puis évidemment il y a un soutien par les réseaux de transition ».

Une large consultation des citoyens s’est achevée fin février. Economie, démocratie, biens communs, agriculture, logement ou alimentation, les mesures proposées sont nombreuses.

« Il y a plus de 140 mesures qui ont été proposées. C’est un vrai succès pour cette consultation citoyenne qui a rassemblé 22 000 votes. Les mesures étaient assez variées, comme par exemple développer les énergies renouvelables locales, ou expérimenter un revenu de base, ou encore développer l’utilisation du vélo en ville qui était une proposition d’Enercoop. Les priorités vont être établies et seront portées par un groupe de citoyens auprès des candidats pour les  ».

France Libertés a apporté sa contribution à la rédaction de ces propositions. Vous avez mis en avant trois mesures. Première d’entre elles : l’installation d’infrastructures d’eau et d’assainissement publiques et gratuites.

« L’accès à l’eau potable aujourd’hui est loin d’être une réalité pour tous en France. Il y a beaucoup de personnes qui sont déconnectés d’un accès à l’eau. Donc le droit à l’eau n’est pas du tout effectif pour près de 650 000 personnes. Donc ce qu’on demande, c’est un accès gratuit à des points d’eau potable, à des toilettes pour les personnes les plus vulnérables qui ne sont pas raccordées au réseau ».

Deuxième proposition de France Libertés : pousser les collectivités locales à instaurer une tarification sociale de l’eau pour faciliter le paiement des factures d’eau pour les ménages en difficultés.

« Cette fois encore il s’agit vraiment de l’effectivité du droit à l’eau. Ce n’est pas le tout d’avoir un accès à l’eau, encore faut-il pouvoir la payer. On constate que pour près d’un million de ménages en France, la facture de l’eau représente plus de 3% des revenus du ménage. Ce n’est pas soutenable pour des personnes en difficulté. Et donc la création d’un tarif social permettrait de venir en aide à ces personnes en situation de précarité dans leurs difficultés à payer leurs factures d’eau ».

Enfin la troisième mesures proposée par la Fondation a un caractère plus environnemental. Il s’agit de végétaliser la ville en créant des espaces verts pour rétablir le cycle de l’eau.

« Depuis quelques années, France Libertés travaille sur ce lien entre l’équilibre du cycle de l’eau et l’équilibre du climat. C’est quelque chose que l’on voit particulièrement dans les milieux urbains, puisque l’imperméabilisation des sols contribue beaucoup à la dégradation du microclimat. Elle limite l’évapotranspiration des arbres de la végétation. Cela créé même des îlots de chaleur. Donc, ce qu’on souhaiterait vraiment, c’est de déminéraliser les villes, par exemple en végétalisant les façades ou les toitures ».

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Comment l’interpellation des candidats va se dérouler ?

« Un comité d’experts va être mis en place qui sera composé de scientifiques, d’élus, d’organisations et de citoyens qui seront tirés au sort. A l’issue des travaux de ce comité, on aura une idée finale des mesures portées par le . Cette liste sera rendue publique. L’étape d’après sera de mettre en place une mobilisation locale en vue des élections municipales, mobilisation dans laquelle aussi bien les citoyens que les organisations auront un rôle à jouer pour que les élus puissent s’emparer de ces 30 propositions ».

Et une fois les élections passées, est-ce qu’il y aura un suivi des promesses ?

« Oui bien sûr, il y aura un suivi de ces propositions de la part de ce collectif pour une transition citoyenne pour vérifier que ces trente mesures sont quand même en voie d’application dans les villes désireuses d’agir pour une transition écologique solidaire et démocratique. C’est une démarche d’agir localement, plutôt que globalement, de responsabiliser les citoyens et surtout de leur donner la possibilité de se mobiliser et d’agir à une échelle qui leur parle, qui est l’échelle de leur commune ».

Pour aller plus loin :

 

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