L’Amazonie, ou le du monde. C’était le thème du festival Climax qui s’est déroulé début septembre à Bordeaux. Si les festivaliers ont pu échanger sur la situation dramatique que connaît l’Amazonie actuellement, ce fut aussi l’occasion de réfléchir, d’échanger, de débattre sur la nécessaire de nos sociétés. Et le message des a été très écouté.

Le fondateur du festival a souligné la responsabilité de l’Europe dans le drame amazonien. En quoi cette responsabilité est prégnante ?

« Il y a plusieurs aspects. Il y a les importations de l’Europe de produits issus de l’Amazonie via une de ce territoire, on peut penser au soja. Un conférencier, Nicolas Bourcier, qui a donné ce chiffre : 60% du soja importé en France vient du . C’est énorme. On peut aussi pointer la responsabilité des banques qui financent des projets destructeurs de l’Amazonie. Il y a des banques françaises ou européennes. Cela peut être à la fois via la consommation que les Européens ont de certains produits, mais aussi tout le système économique banquier ou financier où l’Europe est très puissante et investit dans ces projets-là ».

Changer de système, de mode de pensée

La Fondation était présente à Bordeaux, pour écouter et rencontrer. Quel message vous avez pu porter, ou quel est celui avec lequel vous revenez ?

« C’était l’idée de dire qu’aujourd’hui, face aux enjeux, aux défis cruciaux auxquels on fait face, il va falloir se mettre dans une métamorphose du monde. Non pas une , mais une véritable métamorphose. Donc véritablement changer de système, changer de mode de pensée, changer de postulat. Cela demande un très gros travail qui commence notamment sur le plan des idées. Il faut porter d’autres idées que celles liées au système en vigueur basé sur l’exploitation de la nature et de l’homme. Autre point intéressant, c’était la question de la décolonisation : décolonisation des savoirs, de l’école, le devoir de mémoire. Il y a un gros enjeux pour les peuples autochtones, mais aussi pour les afro-descendants qui étaient fortement présents à Climax. Et cela fait écho au travail de la Fondation de chercher à promouvoir une autre pensée, et notamment une pensée décoloniale. L’idée est d’avoir des coopérations entre autochtones et non autochtones qui soient apaisées, dans la co-construction, dans la collaboration. Et on a aussi porté un sujet lors d’une conférence sur la . Le fait de voler les savoirs des peuples autochtones est une chose qui est trop peu connue. C’est une nouvelle forme de colonisation, tant de la nature que des peuples autochtones. Cela participe au déracinement ».

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Convergence des luttes et première campagne sur la pollution au mercure

Le festival a eu une résonance particulière dans les médias, vu l’actualité. Quelle portée les échanges peuvent-ils avoir ? Quelles suites à ces rencontres ?

« Le plus important c’est que c’est un festival très fréquenté. Il y avait plusieurs milliers de personnes, notamment pour la conférence avec , et . , souffrant, n’était pas là. Mais ne serait-ce qu’à cette conférence, il y avait une file d’attente énorme. On voit que les gens sont mobilisés, intéressés. C’est un événement qui permet de sensibiliser un large public. Il y avait aussi beaucoup d’enfants, d’adolescents, de publics scolaires. C’est aussi fondamental parce que c’est ce genre d’évènements, avec des rencontres très fortes, des discours puissants des autochtones, qui peuvent marquer une personne et la faire basculer dans un nouveau comportement, un nouveau rapport au monde. Cela permet aussi d’entamer des convergences de luttes avec l’ensemble des associations qui étaient présentes. Il y a eu aussi la volonté des organisateurs de lancer une première campagne ensemble. Avec l’idée de travailler sur un cas concret lié à l’Amazonie, à savoir la pollution au mercure par l’orpaillage illégal en Guyane. Cela permet de mettre des forces en commun des différentes associations et de travailler à former les juristes et à porter un recours à la fin du programme qui a été lancé pendant le festival. C’est une action concrète qui découle du festival. Ces événements permettent de revenir avec plus d’énergie, plus de force. C’est un partage des luttes, des résistances, de pensées ».

Pour aller plus loin :

Le drame de l’Amazonie et du déracinement des peuples autochtones

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