Mauvaise conscience de Fabio Benoît – Editions Favre

Fabio Benoît, l’auteur du livre dont je vais vous parler aujourd’hui, me semble être quelqu’un de très méticuleux. Dès le départ, nous sommes avertis : Mauvaise conscience fait suite à son premier roman, Mauvaise personne, mais nous avons la liberté de les lire indépendamment l’un de l’autre. Il y a même à la fin du livre un mini résumé du précédent, ce qui permet de se faire une idée globale, si l’on ne veut pas approfondir plus avant.

Ensuite, nous trouvons, également en fin de livre, une liste des personnages, composée selon leur ordre d’apparition, comme dans un générique de fin, qui nous explique brièvement qui est qui.

Cela étant dit, préparez-vous alors à plonger dans l’esprit de tous ces personnages, car il s’agit bien ici d’un roman choral. Et là encore, on peut retrouver le côté extrêmement minutieux de l’auteur, qui est également commissaire de police judiciaire en Suisse.

L’immersion est totale, on est littéralement dans la tête de chacun des protagonistes, et l’on en change à chaque chapitre. Même un journal intime ne saurait être si complet.

On les lit penser, raconter leur histoire, chacun à sa manière, dans ses propres mots, son langage type. Ce roman policier nous fait voyager presque de manière astrale, dans l’intimité des commissaires, procureurs et autres fonctionnaires de police ; dans celle des voleurs, voyous, tueurs à gage et autres ; mais aussi dans celle des victimes bien évidemment.

Tous ces gens bien différents les uns des autres sont bien sûr liés par l’intrigue générale du livre, que nous découvrons petit à petit. Trois voitures ont été vandalisées dans le parking souterrain d’un immeuble, et des documents y ont été dérobés, de plus ou moins grande importance. De là, débuteront plusieurs histoires en parallèle.

L’auteur nous entraîne tantôt dans une enquête judiciaire liée au vol de documents témoignant d’une menace terroriste, tantôt dans une histoire de chantage liée, elle, au vol de documents comptables d’une entreprise peu scrupuleuse, pour nous emmener au fil des pages vers le recoupement, le bouquet final.

On découvre, à travers les règlements de compte, les enquêtes, les vols, les menaces, les bavures, les coups fourrés – et, même, les adultères – que chacun est amené à ruser, tronquer la réalité, voire manipuler, afin d’obtenir ce qu’il désire. Peu importe que l’intention soit bonne ou mauvaise, il n’y a plus de place pour les cas de conscience, ou en tout cas pas tout de suite.

Au vu de la diversité de ses personnages, Mauvaise conscience contient sa dose d’horreurs, de cruauté, mais aussi de sérieux, de professionnalisme, et également d’humour.

Ce deuxième roman de Fabio Benoît, paru aux éditions Favre, est assez masculin dans la composition des rôles, construit avec un souci – et sans doute un amour – du détail assez impressionnant.

 

Julie Tielemans pour Fréquence Terre.

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