L’Année du chien – Stefan Brijs / Editions Héloïse d’Ormesson

Paul, un flamand d’une vingtaine d’années, est enseignant, passionné de livres et de cinéma. Depuis peu, il vit seul avec son chien dans sa grande maison, sa femme Christine l’ayant quitté pour son professeur de sport, avec lequel elle trompait son mari.

Il vit mal son célibat, la trahison qu’il a vécue. Christine était son premier amour, elle était tout pour lui et il devait sans doute s’imaginer que cela allait durer toute la vie.

Dans le cadre d’une de ses passions, lors d’une projection de film, il rencontre Ava, une jeune femme à peine plus jeune que lui, et tout aussi passionnée par le septième art.

Ils entament petit à petit une relation amicale, qui permet au lecteur de comprendre la différence d’implication de chacun des deux protagonistes. Paul est aux petits soins pour sa nouvelle amie, semble nier l’évidence, tout en fantasmant continuellement sur elle lors de ses séances de masturbation répétées. Ava, quant à elle, profite de son célibat et s’amuse à lui raconter ses conquêtes, et à le pousser à rencontrer d’autres femmes.

Le titre de ce livre, L’Année du chien, représente non seulement l’année de naissance de Paul, mais également la durée de l’histoire, une année, que notre héros nous raconte de son point de vue.

Une année qui comportera son lot de questionnement, de découvertes, de déceptions. En effet, Paul se lancera, sans conviction aucune, dans de nouvelles rencontres, tuant dans l’œuf chaque possible relation, comparant ces femmes soit à son ex, Christine, soit à son fantasme ultime, Ava.

En effet, lors de chaque plaisir charnel, solitaire ou en duo, il ne peut s’empêcher de penser à son ex, de réaliser à quel point elle était prude, trop coincée, mais dont le corps était parfait, ou d’imaginer comment ça se passerait avec son amie. De toute façon, ce mécanisme lui fait regretter instantanément, ou saboter, toute nouvelle tentative avec une inconnue.

On sent cet homme sensible, désireux de vivre une belle histoire d’amour, un peu fleur bleue, se perdre dans le choix de ses partenaires, se tromper dans le but de ces rencontres. Lui-même comparant ses relations à de la tôle froissée. Il nie ses désirs profonds, tant que cela lui permet de rompre cette solitude trop imposante.

L’évidence de l’amour naissant de Paul envers Ava nous donne envie de le secouer, de l’aider, tant il a l’air de ne pas vouloir, ou ne pas oser, se l’avouer.

En dire plus serait gâcher le plaisir de découvrir cette histoire, brillamment traduite par Daniel Cunin aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Stefan Brijs, quant à lui, est un auteur belge néerlandophone. Il était enseignant – tout comme le héros de son roman – avant de devenir écrivain, il y a un peu plus de vingt ans.

Après quelques succès locaux, c’est avec Faiseur d’anges, paru en français en 2005, traduit dans une dizaine de langues et vendu à plus de 100 000 exemplaires, qu’il atteint une véritable popularité, dépassant alors les frontières.

Avec L’Année du chien Zonder Liefde en néerlandais ; littéralement « sans amour » – les éditions Héloïse d’Ormesson nous offre un quatrième roman de Stefan Brijs à découvrir dans la langue de Molière.

Une histoire qui peut sembler banale de prime abord, mais qui garde le lecteur en haleine jusqu’au bout, plongé dans l’intimité de ce garçon, écrite avec beaucoup de sensibilité et d’authenticité.

 

Julie Tielemans pour Fréquence Terre.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire ici
Entrez votre nom ici