4:07 - mardi septembre 27, 2016

BERLIN, UNE VILLE DURABLE

Lu 1161 fois Philippe Boury 0 réaction
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Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, sous les assauts des pioches et des marteaux, le Mur de Berlin tombe, sous l’œil des caméras du monde entier. Evènement symbolique qui marque la chute du bloc communiste en Europe. Après 50 ans de séparation, l’Allemagne officialisera sa réunification un an plus tard.

Ce 9 novembre 1989, débarrassée de son Mur de la Honte, Berlin s’attèle alors à son avenir. Meurtris par 28 ans de séparation, berlinois de l’Est et de l’Ouest ont tout à réinventer. Le chantier de la réunification est alors immense.

Au défi démographique et économique, le gouvernement berlinois a intégré une dimension environnementale. A chaque projet de réaménagement de la ville, à chaque chantier de rénovation, là où les traces de la séparation devaient être gommées, la ville a cherché à y associer un volet écologique.

Cette nécessité, Berlin Ouest l’avait reconnue dès 1979, quand une loi pour la protection de la nature est entrée en vigueur. En 1994, la ville réunifiée s’est dotée d’un programme intégrant les besoins de la nature et de l’environnement dans le développement de la ville et de la région.

L’un des quartiers laboratoires de cette volonté écologique est la Postdamer Platz. Véritable no man’s land du temps de la séparation, le quartier était l’un des centres les plus important avant guerre. Après la réunification, il a été entièrement reconstruit en prenant en compte les contraintes environnementales. Résolument tourné vers l’avenir, la Postdamer Platz a été élaborée sur un concept écologique couvrant aussi bien la période de construction que son fonctionnement une fois achevé.

Lors de la phase de construction, la logistique mise en place a permis d’acheminer les matériaux par chemin de fer afin de réduire la pollution et le bruit dans la ville. Ces matériaux de construction ont été choisis en fonction de leur consommation d’énergie, de leurs émissions de polluants, et de leur impact sur la santé.

Les bâtiments du quartier sont chauffés et refroidis par une usine moderne de cogénération de la chaleur. Pas de climatisation, la ventilation des bureaux se fait par un système en façade qui contrôle les fluctuations de température tout au long de la journée. Sous des aspects un peu futuristes, quelques immeubles bénéficient d’une façade double pour mieux profiter du climat… Un système qui permet d’économiser 50% d’énergie par rapport à une construction classique.

Autre parti pris de conception : la récupération d’eau de pluie. Les toits des bâtiments ont été équipés pour collecter la pluie dans des cuves souterraines qui alimentent les toilettes des immeubles et les points d’arrosage. 12 000 m² de toitures ont été végétalisées, soit ¼ des bâtiments qui sont ainsi devenus des espaces propices à la biodiversité.

Au-delà de ce quartier pilote, Berlin a aussi axé son effort sur sa politique énergétique. Dès 1989, les Verts et les socio-démocrates ont lancé un plan visant à réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2010… On y est. Avec la réunification, la fermeture des usines est-allemandes polluantes et la reconversion du chauffage au charbon vers un chauffage au gaz ont permis d’atteindre l’objectif fixé.

En presque 20 ans, les immeubles d’habitation ont également réduit leur consommation d’énergie de moitié.

Le nouvel objectif de la capitale allemande est de réduire encore ces émission de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2020. Berlin s’appuie pour cela notamment sur son plan climat qui intègre 30% d’énergie renouvelable. En 2020, l’énergie photovoltaïque devra produire l’équivalent de 100 mégawatts.

Autre point positif pour le climat : le réseau de transports en commun, très développé, et utilisé par les 2/3 des berlinois, beaucoup d’habitants optant même pour la combinaison transport en commun et vélo. Sur les 3,5 millions d’habitants, seuls 1/3 utiliserait leur voiture. Une automobile dont l’accès au centre ville est désormais réglementé… Depuis 2008, une zone verte a été instaurée à Berlin, zone environnementale dont l’accès n’est autorisé qu’au véhicule répondant à certaines normes d’émission de particules.

Enfin, avec 40% de la superficie de la ville dédiée aux espaces verts, Berlin jouit d’un tissu naturel important. Traversée par plusieurs rivières et canaux, elle bénéficie également de plusieurs parcs et lacs qui font le poumon de la ville… Très étendue, elle a la chance aussi d’avoir une densité de population plutôt faible, 5 fois moins grande que Paris, ce qui laisse une large place à la nature…

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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