3:05 - jeudi décembre 8, 2016

Autolib attaqué

Lu 607 fois Jean-Brice Sénégas 0 réaction
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Un vent de colère souffle contre Autolib ! Le service de voitures en libre service du groupe Bolloré se voit critiqué de toutes parts… Ecologistes et loueurs de voitures se sont ligués bon gré mal gré et clament leur colère contre le déploiement de ces bluecars en territoire parisien.

D’une part, les écologistes s’insurgent car ils soutiennent l’idée selon laquelle la voiture n’est pas la solution en ville.

Les élus Europe Ecologie-Les Verts avaient émis des doutes dès le début par crainte que ce service n’encourage l’utilisation de la voiture plutôt que les transports en commun.

Certaines communes franciliennes ne veulent pas d’Autolib chez elles. L’élu écologiste Fabienne Vansteenkiste, adjointe à la mairie de Montreuil craint un mouvement de voitures à sens unique de banlieue vers paris intramuros. « Nous craignons que les gens prennent Autolib pour aller travailler au centre de Paris et que des agents doivent ramener les voitures à la périphérie à vide, en consommant de l’électricité», dit elle.

Et comme si cela ne suffisait pas, les écologistes affirment que ce service est un gouffre en termes de consommation d’eau. En effet, les bluecars sont équipées de batteries au lithium, et l’exploitation de ce métal en Amérique du Sud est extrêmement consommatrice de ressources hydrauliques.

D’autre part, les loueurs de voitures tombent à bras raccourcis sur Autolib dans les médias, mais en plus ils traînent le groupe Bolloré en justice. L’Union des loueurs professionnels, l’ULPRO, attaque Autolib devant le tribunal administratif pour concurrence déloyale. Le président de l’ULPRO s’insurge contre le fait qu’Autolib reçoive je cite, « 250 millions [d’euros] de subventions et prêts publics pour ce qui n’est ni plus ni moins que de la location de véhicule ». Une décision en faveur de l’ULPRO pourrait ralentir sérieusement l’expérience parisienne.

La barque est donc sérieusement chargée pour l’exploitant de la flotte Autolib.

S’il n’a pas répondu aux loueurs de voitures, le maire de Paris Bertrand Delanoe croit en l’écologie de son projet. Selon lui, les voitures électriques en libre service doivent venir en complément des transports en commun. Le syndicat mixte Autolib vise une réduction du parc privé d’automobiles de 22500 véhicules en Ile de france, 18000 places de stationnement en moins et 260 000 tonnes de CO2 en moins par an.

Le groupe Bolloré voudrait atteindre une clientèle de 80000 abonnés susceptibles de louer à une ou deux fois par semaine.

D’ailleurs, malgré cette campagne anti-autolib poussée, et malgré des tarifs assez élevés, de 10 euros le forfait journée sans compter le prix à la demi-heure, le groupe Bolloré se félicite d’un premier succès avec 600 clients pré-abonnés, avec une majorité de contrats à l’année, ce qui serait un gage de confiance, selon le groupe industriel. Et chez Bolloré, on voit ça d’un très bon œil. Car un succès populaire pourrait faire taire toutes les critiques, et changer un vent de colère contre Autolib en vent très favorable !

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Jean-Brice Sénégas
Responsable du secteur mobilité de Fréquence Terre

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