9:15 - samedi décembre 10, 2016

Le défi du festival Alimenterre

Lu 994 fois Philippe Boury 0 réaction
© Festival Alimenterre

800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. C’est une personne sur neuf. En 2050, nous serons 10 milliards sur terre. Pour les millions d’agriculteurs, ce sera alors un vrai défi.

Depuis 2007, le Festival Alimenterre tente de faire comprendre les causes de la faim dans le monde. Et entend mobiliser les citoyens pour le droit à l’alimentation.

Ce 10ème Festival Alimenterre se tient jusqu’au 30 novembre un peu partout en France. Quels sont les grands objectifs du festival cette année ?

« Le festival a vraiment pour objectif de faire comprendre au grand public les causes de la faim, et de mobiliser pour le droit à l’alimentation. C’est à la fois informer au travers de films sur les thématiques d’accès à la terre, de la vie paysanne, et des grands enjeux des droits humains qui se trouvent derrière. Il s’agit aussi de provoquer des débats participatifs, à la suite de la diffusion des films, avec des acteurs français et internationaux mobilisés sur ces thématiques. Des alternatives sont aussi proposées dans un objectif de mobilisation autour de la faim dans le monde. »

France Libertés est partenaire du festival. La Fondation a sélectionné plusieurs films sur ses terrains d’action privilégiés.

« Cette année, sur les films sélectionnés, il y en a quatre qui font échos à nos thématiques. Il y a « The Change », qui va traiter de la question du changement climatique, de la déforestation et de la pollution de l’eau au Mozambique. Il y a « Liberté », qui raconte l’histoire de la communauté afro-brésilienne descendante des esclaves et leur bataille pour retrouver leur terre. « La guerre des graines » parle des problèmes liés aux semences en France et en Union européenne. C’est la question de l’appropriation du vivant. Enfin « Les guerrières du babassu », qui est un film qui présente les femmes du Brésil qui collecte les noix du babassu. Cela fait écho à la question des savoirs traditionnels des peuples qui vivent au plus près de leur environnement et qui développent ces connaissances ancestrales. Au-delà de ces quatre films, il y « Pérou, la nouvelle loi de la jungle », qui est un film de 25 minutes qui traite de la biopiraterie. »

Droits des peuples, biopiraterie… Quel est le lien avec la faim dans le monde ?

« Il y a la question du droit à la terre. Si des communautés n’ont pas le droit à leur terre, leur subsistance peut être grandement mise en difficulté. Car il y a des communautés locales qui vivent de la chasse et de la pêche ou de l’agriculture. Sans terre, cela devient plus compliqué. Sur la question des semences, cela touche directement la possibilité des agriculteurs d’utiliser les semences qu’ils souhaitent. Si des brevets sont posés sur les semences, ils vont devoir payer des royalties. L’accès à leur activité économique et à leur alimentation devient plus cher. Sur la biopiraterie, il y a l’exemple du maca, un tubercule andin cultivé depuis l’époque incas. C’est un savoir ancestral qui est approprié par les multinationales, par le marché chinois, et qui est en train de déposséder la population péruvienne de cette plantes très présente dans leur alimentation. »

La Fondation participe à plusieurs conférences et propose également des supports pédagogiques. Quel est le but ?

« On s’est associé avec le CFSI pour réaliser les fiches qui accompagnent les films. Elles éclairent les enjeux des films. Elles sont disponibles sur le site Alimenterre. L’objectif de la Fondation est d’apporter son expertise. On est mobilisé depuis 10 ans sur la question de la biopiraterie et du respect du droit des peuples. Lors des projections débats, on intervient pour éclairer ces enjeux. »

Le Festival est coordonné par le CFSI, Comité français pour la solidarité internationale. Il a lieu partout sur le territoire français, et également à l’international.

Pour aller plus loin :

 

 

 

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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