3:17 - mardi février 21, 2017

Agir pour la jeunesse au Kurdistan irakien

Lu 871 fois Philippe Boury 0 respond

Monde solidaire s’attarde cette semaine sur la situation du Kurdistan irakien où deux millions de réfugiés et de déplacés vivent dans des camps après avoir fui la guerre.

Fidèle à ses engagements, la Fondation France Liberté se lance pour trois ans dans un programme d’éducation et de formation à destination de ces populations isolées, dont les besoins psychologiques et sociaux restent importants.

  • Avec Jérémie Chomette, chargé de mission à France Libertés, de retour du Kurdistan irakien.

Quelle est la situation du Kurdistan irakien ?

« Le Kurdistan est une région qui est à cheval sur quatre pays, la Turquie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. Nous, nous sommes actifs sur le Kurdistan irakien, une région au nord de l’Irak. Sa particularité est d’être une région autonome à l’intérieur d’un Etat, l’Irak. On estime à deux millions de personnes réfugiées et déplacées. Il y a des réfugiés qui arrivent de Syrie, entre 250 000 et 400 000 personnes. Et il y a un grand nombre d’Irakiens qui se déplacent vers le Kurdistan irakien. Ils vivent dans 49 camps. On a entre 7 000 et 15 000 personnes dans ces camps. Les plus grands peuvent accueillir jusqu’à 30 000 personnes. »  

© Institut kurde de Paris

L’engagement de France Libertés au Kurdistan irakien n’est pas nouveau. Danielle Mitterrand a très tôt pris fait et cause pour le peuple kurde. Elle l’a soutenu dès 1988.

« Le soutien de la Fondation a démarré après l’Anfal, la tentative de génocide de Saddam Hussein sur le peuple kurde, notamment après le massacre d’Halabja. En 1989-1989, Saddam Hussein a fait gazer la ville, soit plus de 6 000 personnes, et a enclenché un processus de guerre qui a provoqué le départ de nombreuses populations, parties se réfugier en Turquie et en Iran. Danielle Mitterrand ayant entendu parler du massacre, elle a souhaité se rendre dans les camps de réfugiés en Turquie et en Iran. C’est là où elle a découvert ce qui s’est passé, ce qui a provoqué chez elle une grande colère. »

A l’heure actuelle, dans quelles conditions vivent ces réfugiés dans les camps du Kurdistan irakien ?

« Il faut imaginer que c’est un peu comme des villes. Les personnes vivent sous tente, avec toute la partie sanitaire et la cuisine, et un accès limité à l’électricité et à l’eau. Mais on est plutôt dans des bonnes conditions pour des camps. Les populations kurdes ayant elles-mêmes été réfugiées dans le passé, elles ont fait un effort important pour accueillir ces populations. Il y a aussi un accès à l’éducation, même si c’est un peu restreint, environ trois heures d’école par jour pour les enfants. Il y aussi un hôpital dans chaque camp. Les conditions sont difficiles, mais restent remarquables pour des camps de réfugiés et de déplacés, en comparaison à d’autres camps dans la région, comme au Liban et en Jordanie. »

 

Pour ces populations qui sont déracinées et pour faire face à leur souffrance sociale et psychologique,  France Libertés se lance dans un programme d’éducation et de formation à destination de la population des camps et notamment de la jeunesse. De quoi s’agit-il ?

« Il faut revenir un peu en arrière pour comprendre le projet. La dernière fois où Danielle Mitterrand s’est rendue au Kurdistan irakien, en 2009, elle avait rencontré le président et plusieurs personnes du gouvernement régional autonome. Elle s’est dit qu’il fallait faire quelque chose pour la jeunesse, car on était sur une nation qui était en train de voir le jour. Elle s’est rapprochée de la Fédération Léo Lagrange, une fédération d’éducation populaire. Ensemble, France Libertés et la Fédération Léo Lagrange ont appuyé le gouvernement kurde dans la mise en place de formations des cadres de la jeunesse pour développer les politiques de jeunesse. Cela s’est fait de 2013 à 2016. Lorsque nous étions sur place, est arrivée la guerre et la crise des réfugiés et des déplacés. Nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de mener, dans ces camps, des actions d’animation périscolaire et extrascolaires, qui puissent permettre aux enfants de s’épanouir et d’évacuer les traumatismes. »

La semaine prochaine, nous reviendrons en détails un peu plus longuement sur ce programme de la Fondation dans ces camps de réfugiés au Kurdistan irakien.

Pour aller plus loin :

 

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Philippe Boury
Au début des années 80, Philippe Boury s’est lancé, comme tant d’autres, dans l’aventure des radios libres. Il a ainsi participé, de la banlieue lyonnaise à la région parisienne, à la vie de radios militantes, ouvertes sur la société, soucieuses d’être le reflet de la vie locale, culturelle, politique et associative. Militant associatif lui-même, il a toujours souhaité mêlé ses engagements à sa passion de la radio. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi de rejoindre l’équipe de Fréquence Terre, dont il partage les intérêts : survie de la planète, sensibilisation à l’écologie, information sur le développement durable.

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