Les chroniques «  françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».

Bosseval-et-Briancourt est un village fondé par Guy XVII de Laval et Claude de Foix (XVIe siècle), dont l’église est dévolue à saint Charles Borromée, cardinal italien et artisan de la Réforme catholique.

Son territoire est arrosé par la Claire qui vient de Sugny et se jette dans la Vrigne après avoir formé plusieurs plans d’eau : Étangs du Moulin de la Gigue, de la Faïencerie, de la Filature, de la Claire, de la Foulerie, de la Brèche, d’En-Bas…

À l’origine, le territoire était couvert de bois et les habitants furent appelés les « Ramounis » en référence à l’exploitation du charbon de bois qui leur donnait l’apparence d’être toujours tout noir, « ramounis » en patois.

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L’église Saint-Charles Borromée.

L’église fut reconstruite en 1875 sur les ruines de l’ancienne et on y voit le tableau « Descente de Croix », une œuvre de Jean Jouvenet (1644-1717), est-il « officiellement » indiqué.

À vrai dire, sur son blog « Le Bassinage », René Godi, un citoyen ardennais (et visiblement fier de l’être), spécifie : « Le grand tableau représentant la Descente de Croix n’est pas de Jouvenet (un très grand peintre réputé) mais de « A.Tonnelier à Charleville 1825 d’après Jouvenet ». Il eut été étonnant qu’un tableau du grand maître du 18ème siècle se retrouve, en plein 19ème dans la modeste (mais très belle) église de Bosséval. »

René Godi tint, encore, à préciser que, contrairement à l’écrit « officiel » affiché au cœur du village, le terme « ramounis » à une autre signification !

« Ce surnom (sobriquet), donné aux habitants de Bosséval au 19ème siècle, ne tient pas au fait qu’ils fabriquaient du charbon de bois au cours de leurs travaux en forêt mais au fait qu’ils fabriquaient des « ramons de boule » destinés à l’entretien des maisons, des écuries, des « devants de portes ». Le « ramon » est, en « Parlé Ardeûné » (ce que certains appellent patois), un balai. Le « boule », c’est le bouleau nombreux dans notre forêt aux côtés du chêne et du hêtre, bois nobles. Le bouleau, bois tendre, servait à faire des bois légers mais fragiles et … des parties de balais avec leurs branchages.

 

Au 19ème, ces « ramons de boule » ont beaucoup servi aussi à l’entretien des ateliers des fonderies et autres usines métallurgiques de Vrin (Vrigne-Aux-Bois, cité des « Panses Brûlées ») et des alentours crées par Jean-Nicolas Gendarme, la famille Evain et d’autres familles qui, à, partir de 1815, ont fait se développer la métallurgie lourde dans nos « petites vallées ».

Le groupe folklorique ardennais de Bosséval s’appelle d’ailleurs « Les Ramounis de Bosséval ( http://lesramounis.fr ) »

Outre cette double mise au point, si vos pas vous mènent vers ce charmant village, regardez bien les becs verseurs à la fontaine située non loin de ladite église : ce sont des hures… comme il se doit dans les Ardennes !

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L’eau s’écoule de hures à Bosseval-et-Briancourt

 Les sorcières innocentes de Sugny

À quelques kilomètres à peine de Bosseval-et-Briancourt, mais en Belgique, voici Sugny où la forêt est omniprésente.

Forêt de Sedan, d’un côté de la frontière, Forêt des Ardennes, de l’autre, au « Lu Tchèté d’la Rotche » (« Château de la Roche » en champenois local), les sorcières françaises et belges se rassemblaient nombreuses, disait-on.

D’origine carolingienne, le site était déjà occupé durant la seconde moitié du VIIIe siècle par une construction de bois.

Les murs de pierre, récemment restaurés, attestent d’un bâtiment plus important des Xe et XIe siècles.

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Ruines du Château de la Roche à Sugny.

 

En cet endroit très symbolique, j’ai tourné dans une émission de télévision sur le thème de la chasse faite aux sorcières par l’Église catholique.

 

Voici quelques propos extraits de cette séquence : « Nous sommes dans les ruines du Château de la Roche à Sugny, un château du VIIIe siècle. Croyances populaires et superstitions ont donné lieu à beaucoup de légendes. C’est, selon l’une d’elles, en cet endroit que des sorcières ardennaises se réunissaient.

Sept femmes qui, pourtant, distillaient leur savoir ancestral et étaient considérées comme de braves personnes, ont quand même été étranglées, pendues et brûlées car jugées « sorcières » par l’Inquisition… »

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Pierre Guelff et l’équipe de « Télétourisme » (RTBF et TV5 Monde) à l’endroit où se réunissaient de braves sorcières.

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