La guerre des pauvres : il est temps de faire front ! (Bernadette van Zuylen et Jean-Claude Garot de POUR)

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Dans le récent numéro de POUR dont le titre générique est Nous sommes tous des migrants, l’éditorial titré Il est temps de faire front ! est signé par Bernadette van Zuylen et Jean-Claude Garot. C’est un texte qui mérite une attention toute particulière pour la profondeur de l’analyse de notre société tellement malade de son élémentaire humanité.

Il pose une question essentielle pour mieux discerner les mécanismes mis en place par des politiciens, décideurs, lobbyistes, économistes, quant au rejet de « l’autre », migrants, précarisés, immigrés…

Bernadette van Zuylen.

« Ce qui leur est reproché n’est-il pas d’être pauvres et de ne pouvoir immédiatement être générateurs de richesses pour l’économie des pays d’accueil, alors qu’inversement ils sont générateurs dans un premier temps d’un certain nombre de dépenses de solidarité ? »

Jean-Claude Garot.

Leur démonstration est d’une logique implacable : « Si l’immigré est arabe ou musulman, il est immédiatement stéréotypé comme illégal, à rejeter, à renvoyer ou, en attendant, à incarcérer. Mais si cet arabe musulman est prince du Qatar ou milliardaire des Émirats arabes unis, il est accueilli à bras ouverts. Si c’est l’indien Mittal, milliardaire industriel de la sidérurgie, aucun douanier zélé ne le retiendra une seconde pour la couleur de sa peau, et une nuée de journalistes sera toujours disponible pour l’interviewer sur ses rêves financiers liés à l’expansion de son groupe sidérurgique international, sans que les licenciements des travailleurs de ses usines ne dérangent. »

Peinture de Benoit Piret, artiste du flichpart.

Les éditorialistes de POUR poursuivent leur raisonnement que, bien souvent, l’équipe de Fréquence -Écolodio place également en évidence : « La pression est mise par les lobbies du monde financier pour que le populisme de droite se développe, pour que les droites extrêmes ne se cachent plus pour dénoncer les causeurs de troubles, de chômage ou de misère : les immigrés, les plus pauvres des pauvres. Les Orban, Salvini, Kurz, Buettner, Francken, et les médias qui leur servent de porte-voix, de pousse au crime, ont compris que leur propre pouvoir et celui des fonds financiers qu’ils vénèrent ne sont possibles que s’ils créent la division entre les plus meurtris du système. »

Et de conclure ce rigoureux constat : « Ils stimulent la haine de l’autre, ils créent de toutes pièces, à leur profit, la guerre des pauvres. Ils tentent de réinventer de nouvelles nuits de cristal[1], de nouvelles sélections des valeurs humaines au risque de régénérer aussi de nouvelles formes de nazisme et de fascisme. »

« Il est temps de se lever et de faire front ! » clament-ils et, bien évidemment, nous relayons leur appel légitime au nom de l’humanisme, et son corollaire la  !

 

[1] Pogrom contre les Juifs du Troisième Reich en novembre 1938.

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