Suite à la lecture de l’ouvrage « Le village en cendres » de Shen Fuyu paru chez Albin Michel, je vous propose une escapade dans une Chine éternelle.
Chaque chapitre est un véritable conte à part, même si certains protagonistes cheminent à travers d’autres parties de l’ouvrage.
Ainsi, le lecteur est invité à rencontrer la vie de paysans, à entrer dans les maisonnées, à découvrir la singularité du forgeron, du charpentier, du barbier et d’autres encore.  Dès les premières pages, c’est le métier du rythmeur qui est mis à l’honneur. « Que faisait le rythmeur ? À chaque début de chantier, on avait besoin de quelqu’un pour appeler les esprits et les prier de veiller au bon déroulement des travaux ».
Le fabricant de tofu a évidemment un rôle essentiel au sein du village. Et l’on découvre que chaque villageois apporte sa part de petit bois à l’artisan afin de lui fournir le combustible nécessaire à la fabrication de la portion de tofu familiale. Tout au long de l’ouvrage, nous apprenons d’innombrables détails culturels et historiques passionnants qui enrichissent le lecteur.
Car, il ne s’agit pas seulement d’histoires individuelles de gens liés depuis des générations par la parenté ou le voisinage, il s’agit aussi de la grande Histoire de la Chine au XXe siècle. Grâce à la mémoire orale du père et du grand-père de l’auteur, les évènements s’étendent sur une centaine d’années.
Il est donc question aussi de rivalités, de malentendus, de conflits, d’harmonie et d’amour. L’auteur lui-même note que « chaque individu, si humble soit-il, porte en lui un roman, le roman de sa propre vie, dont il partage certains chapitres avec ceux qu’il a croisés dans son existence, un cheminement singulier sur lequel s’abat quelque fois la main lourde du destin, la sienne et celle de l’histoire de la Chine du  XXe siècle ».