L’ouvrage Oser la bienveillance ne donne évidemment pas de recette pour devenir bienveillant. L’auteure, Lytta Basset, décrit de façon très documentée, la généalogie et l’impact de la notion de péché originel. Sa démonstration à travers une fine  analyse, permet de répondre à différentes questions, comme : « Qu’est-ce qui encombre encore notre culture de cet héritage religieux non digéré ? Qu’est-ce qui nous interdit l’accès au pays de la bienveillance ? Qu’est-ce qui empêche l’être humain de développer un regard fondé sur  la certitude que nous sommes bénis dès le départ, et que nous le resterons toujours ? »

Il importe donc pour chacun d’entre nous  de prendre la mesure de la malveillance dont on a soi-même souffert, se dépolluer de ce regard d’autrui posé sur soi, que l’on a fini par intérioriser et laisser son propre regard devenir bienveillant sur soi et les autres

Il nous faut redécouvrir la capacité à nous reconnaître responsables de nos actes et non plus coupables de notre nature humaine. Ainsi, chacun d’entre nous peut oser la bienveillance envers lui-même et envers autrui, et passer ainsi de la culpabilité à la responsabilité.

En effet, aujourd’hui des chercheurs en sciences humaines soulignent  la complexité de l’homme et nous remettent sur la voie du mystère qu’est l’être humain.

Prendre en compte toute la réalité humaine.

Or, nous baignons encore dans une sorte de pensée binaire : victime ou monstre, pas les deux ! La complexité de la réalité nous dérange, elle a quelque chose d’angoissant car elle nous prive d’une certaine maîtrise sur ce qui nous fait mal ou pourrait nous faire mal. La réalité humaine est infiniment plus complexe que nos catégories de pensées. Notre nature s’inscrit dans le Réel dont elle est indissociable. Notre vivre ensemble s’améliore dès que nous renonçons à penser, à dire et même à chercher ce qu’est en définitive telle ou telle personne. Accepter de prendre en compte les multiples facettes de la réalité, alors beaucoup de choses s’éclairent.

Lytta Basset est conférencière passionnante et théologienne protestante suisse. Elle a notamment écrit, Guérir du malheur ou la joie imprenable publiés chez et tous ses ouvrages sont vendus à plus de 15 000 à 30 000 exemplaires. Elle a encore augmenté son audience avec  son témoignage sur le suicide de son fils, Ce lien qui ne meurt jamais et avec Aimer sans dévorer. Elle a reçu le Prix des librairies Siloë et celui du syndicat des libraires religieux.

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