Depuis l’incendie à Notre-Dame de Paris, on n’a jamais autant parlé de maçons ! À vrai dire, de Bâtisseurs, de Compagnons, de Maçons ou Francs-Maçons moyenâgeux et de leurs descendants en ce XXIe siècle.

Au-delà des polémiques concernant les dons faramineux alloués par des multinationales et grosses fortunes pour la restauration dudit édifice, c’est l’occasion de sortir de ces débats en lisant Petits contes pour maçons sages de Dorian Decker paru aux Éditions F. Deville.

Et, comme le stipule l’auteur, cet ouvrage peut s’envisager sous deux angles : comme un enseignement sur une tradition pluriséculaire ou comme un clin d’œil humoristique. Ou les deux, en somme.

Ainsi, deux amis d’un même atelier étaient en conflit. Ils s’adressèrent au chef pour régler leur différend. Le premier s’entendit dire qu’il avait raison. Le deuxième entendit la même réponse. Alors, une troisième personne fit remarquer au chef qu’ils ne pouvaient avoir raison tous les deux. Réponse : « Toi aussi, tu as raison ! ».

Autre conte : un riche amena son fils au sommet d’une montagne et en balayant d’un geste lui dit : « Un jour, tout cela t’appartiendra mon fils. » Un sage fit de même avec son enfant et lui dit tout simplement : « Regarde » avant de redescendre dans la vallée.

Un troisième court récit plein de sagesse : un très vieil ami déclara à la ronde qu’il gardait toute la force de sa jeunesse. « Comment le sais-tu ? » lui demanda son entourage. « C’est simple. Quand j’étais jeune, je ne pouvais soulever cet imposant bloc de marbre et, aujourd’hui, je n’y parviens pas non plus. »

Le conte titré « Les Perroquets » vaut son pesant d’or ! Un marchand d’oiseaux vendait un perroquet à 50 000 euros parce qu’il pouvait réciter les Évangiles à la demande. Un autre coûtait 100 000 euros car, en plus des Évangiles, il récitait le Coran et le Talmud. Un troisième perroquet valait un million d’euros. Pourtant, il était un peu miteux, âgé et muet. Le motif de cette somme astronomique ? Ne le dévoilons pas au risque de gâcher le plaisir d’en découvrir la maîtresse raison !

Il en va ainsi avec soixante-cinq contes qui abordent le silence, le métier, le bonheur, le malheur, la philosophie, la lune, le soleil, l’égoïsme, mais, aussi, l’essentiel et le futile. Ce qui n’est pas inintéressant par les temps présents.

 

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

Éditions F. Deville : https://abao.be/shop/fdeville/