« La liberté d’expression, c’est fini ?! », cette phrase ponctuée d’un point d’interrogation et d’un point d’exclamation est lancée par des laïcs engagés qui se penchent avec acuité sur cette approche aussi urgente que délicate, tant les susceptibilités sont exacerbées. Sans parler des menaces qui se font de plus en plus pressantes sur les humanistes.

Ainsi, le Centre d’Action Laïque de la Capitale de l’Europe l’a saisie par des articles, conférences et une exposition (jusqu’au 14/2/2020) que Fréquence Terre, en partenariat avec POUR, ne pouvait ignorer afin d’informer un maximum de citoyens sur cette problématique d’une actualité plus que sensible, donc.

Depuis un mois, on rappelle l’affaire des caricatures, du procès et des attentats contre Charlie Hebdo qui, le 7 janvier 2015, firent douze victimes, dont huit membres de la rédaction. On rappelle aussi qu’une semaine plus tard on lisait en couverture de l’hebdo « Tout est pardonné » et le slogan « Je suis Charlie ».

À l’expo, sous cette couverture mythique, on lit que cet attentat fut une « véritable déflagration dans l’opinion publique ».

Certes, mais depuis lors, qu’est devenue la liberté d’expression pour laquelle trop de gens périssent ou subissent des représailles insoutenables ?

À cette même exposition, une explication à une couverture de Charlie Hebdo attire l’attention : « Le débat a toujours été un exercice périlleux. Mais de plus en plus, on tend à vouloir freiner toute possibilité de discussion en censurant plutôt qu’en argumentant », selon le chroniqueur Guillaume Erner, qui rallia la rédaction de Charlie Hebdo après l’attentat.

N’empêche, sous mes yeux défilent le portrait des victimes de 2015 et  trente-cinq couvertures emblématiques de l’esprit Charlie et, force est de constater que la liberté d’expression, si elle est plus que jamais en grand danger, n’est pas tout à fait morte.

Ainsi, au sujet de Greta Thunberg, sous les titre « Ces autistes qui dirigent le monde » et sous-titre « Leurs réseaux, leur financement, leurs tutos beauté », il est bien expliqué qu’il s’agit d’une satire des attaques violentes proférées à l’encontre de la jeune activiste suédoise et que Charlie Hebdo « exploita le lexique complotiste » en rappelant que le magazine avait toujours été un journal écolo.

D’autres numéros de Charlie Hebdo, de notre partenaire POUR dont, rappelons-le, le slogan immuable depuis les années 80 est « Écrire la liberté », d’Espace de libertés, le mensuel du Centre d’Action Laïque, de Fakir, du Canard Enchaîné, du magazine ML (Morale Laïque), de Fréquence Terre, bien entendu,… prouvent que la liberté d’expression est un inestimable trésor à chérir sur le principe majeur que «  la laïcité est la liberté d’esprit », selon Marika Bret, membre de l’équipe de Charlie Hebdo qui, à Espace de libertés, déclare encore que « la laïcité est notre pivot commun, notre pilier de vivre ensemble ».

Il reste à ces médias libres et indépendants à essaimer davantage et inlassablement face à l’inertie et à l’indifférence de trop de politiciens et, par corollaire, de citoyens.

Musique : Michaël Mathy.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire ici
Entrez votre nom ici