Andrée Willems est l’auteure de l’essai Être sur le chemin pour se retrouver soi-même paru aux Éditions F. Deville dans la collection « Les Carnets littéraires des amateurs de pavés mosaïques », ouvrage illustré de quelques gravures, certaines datant du XVIIe siècle, dont les légendes sous forme poétique sont, à elles seules, des messages parfaitement ciblés.

Dans son livre, l’auteure retrace son parcours d’humaniste débuté en 1969 et qui l’amena à un très haut degré dans la hiérarchie de son ordre philosophique, parcours qu’elle enrichit durant un demi siècle de nombreux voyages, de rencontres essentielles, même de travaux sur des sites archéologiques.

Parallèlement, être une femme dans un milieu principalement masculin, trop souvent machiste, l’a aussi amenée à œuvrer pour que la mixité ne soit plus considérée comme une injure ou une menace à des constitutions et principes obsolètes.

D’emblée de texte, André Willems se révèle : « C’est un vécu personnel que je vais parcourir avec vous, car transmettre est plus qu’un devoir, c’est aussi un plaisir ! »

Et, comment transmettre si on ne se dévoile pas ? Transmettre à tous ceux qui véhiculent inconsidérément la notion de « complot » afin que cela puisse les éclairer sur leur faux ressentiment.

En toute franchise, elle avoue « qu’il n’est pas facile à faire ce travail sur soi ». Ce travail, c’est celui d’œuvrer au progrès de l’humanité, celui qui exige le respect de l’autre dans sa différence, qui réclame le dialogue, l’échange, c’est donner un sens actif au terme « tolérance ».

Avec lucidité, Andrée Willems constate que « nous revivons un repli identitaire dans le monde et que nous assistons au désastre que subit la Terre ». Pour ce faire, elle ne cesse de prôner le dialogue et de clamer qu’il est impératif d’oser pour répondre à ce dilemme vital.

Oser être créatif, oser le geste de donner, et celui de recevoir, oser le sourire, oser partager, car le partage est un cadeau précieux qui s’appelle « fraternité », conclut-elle dans son ouvrage.

Se dévoiler, communiquer, transmettre

Lors d’une rencontre à la librairie bruxelloise abao, Andrée Willems apporta aussi des éléments poussant à la réflexion et au moyen de réagir en ces temps troublés et inquiétants :

« Quand on a la possibilité d’échanger des idées, de dialoguer, c’est comme cela que peut débuter une certaine fraternité. Pour ce faire, je me dévoile, j’explique comment j’ai vécu le chemin, parfois ardu, vers l’apprentissage de la Connaissance. Ces étapes me permirent de progresser, de comprendre, de travailler avec des outils ‘‘opératifs’’, c’est-à-dire de mener un travail constant sur moi. J’ajoute qu’il ne faut pas refuser d’autres expériences, car elles peuvent ouvrir d’autres fenêtres. »

Et comment réagir face à ce climat de tension, voire de haine ?

« Ce qui me révolte le plus, ce sont les persécutions à l’égard de différentes personnes ou communautés qui exposent leur authenticité. Cette situation recommence et la vigilance s’impose, dès lors il faut absolument travailler au progrès de l’humanité ! C’est-à-dire, communiquer et transmettre. On doit aller à l’extérieur pour apporter nos notions et préceptes de dialogue et d’ouverture aux autres. Si on se ferme, on perd quelque chose !

La différence nous enrichit. Prenons l’exemple d’un orchestre. Il est constitué de musiciens aux instruments différents et le but du chef d’orchestre est, bien entendu, d’arriver à faire un ensemble harmonieux.

Dans cet exemple, comme dans notre démarche, tout est au niveau de la relation humaine… »

Librairie abao, 1170 Bruxelles, le 16 février 2020.

Musique : Michaël Mathy

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire ici
Entrez votre nom ici