L’arbre est surprenant car il résiste à toutes les tentatives de définition. Ni sa longévité, ni sa taille, ni son bois, ni ses gènes ne confèrent une spécificité à cette plante dont l’originalité nous apparaît pourtant évidente.

Nous pensons savoir ce qu’est un arbre, mais sa définition nous glisse entre les doigts. De nombreuses plantes ont une durée de vie strictement limitée, ce qui n’est pas le cas des arbres, dont beaucoup peuvent vivre des siècles. La caractéristique de la croissance illimitée distingue très nettement l’arbre des autres plantes. Mais les arbres ne forment pas un groupe clairement défini. Ils forment plusieurs lignées évolutives et ont adopté de multiples stratégies pour devenir ce qu’ils sont.

Les séquoias géants, par exemple, dont le tronc peut atteindre 9 mètres de diamètre bravent le feu et les maladies grâce à leur écorce épaisse et résistante. Le peuplier faux-tremble est un arbre frêle qui ne dépasse pas 15 m de haut mais il excelle dans l’art de régénérer de nouvelles pousses à partir de sa base. Cela donne des bouquets d’arbre qui sont en réalité un seul individu. À savoir,  qu’il existe une colonie de peupliers faux- trembles dans l’Utah dont l’âge est estimé à 80 000 ans.

D’autre part, en Californie, des spécialistes ont daté au carbone une espèce  d’arbuste baptisé King clone avec un âge estimé à 11 700 ans. Autrement dit, la longévité ne suffit pas à caractériser « l’arbritude des arbres », selon l’expression du forestier Ronald Lanner.

Un autre élément caractéristique des arbres c’est de produire du bois. Les cellules de l’arbre se divisent dans deux directions, vers l’extérieur  produisant l’écorce et vers l’intérieur produisant le bois. Cela dit on peut être un arbre sans avoir de bois. Il y a des spécimens arborescents  qui sans être de « vrais » arbres y ressemblent beaucoup. En effet,  le tronc du bananier est un faux-tronc, un amas de feuilles serrées et superposées.

Enfin à ce jour, on a identifié aucun gène, ensemble de gènes  qui caractérise en propre les arbres.

Même s’il est difficile de définir ce qu’est un arbre, en être un présente des avantages indéniables : sa grand taille lui permet de mieux capter la lumière du soleil et de disperser  son pollen et ses graines plus facilement que les végétaux proches du sol.

Si bien qu’on devrait peut-être considérer le mot « arbre » comme un verbe et dire « arbrer » ou arbrifier » pour exprimer une stratégie, une action. Car l’arbre, si on le laisse faire, il croît à l’infini, il  arbrifie sans fin.

 

Référence : Taxinomie « C’est un arbre, au juste ? »Rachel Ehrenberg , Magazine BOOKS n°99 juillet-août 2019 « La forêt et nous ». pages 22-24

 

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