Certains maires lancent un mouvement qui rappelle furieusement les années 40 : ils prient les citoyens de dénoncer aux autorités les comportements nuisant à la santé publique, tel le non respect du confinement. Les amendes se comptent par centaines, voire milliers d’euros pour les contrevenants.

D’autres maires, la majorité, rejettent catégoriquement cette pratique de la délation et privilégient, à juste titre, la solidarité citoyenne.

C’est un peu ces comportements que je viens de retrouver en lisant Le Pensionnat de Catherine de Florence Roche (Les Presses de la Cité), un roman poignant qui nous rappellent que de prétendus « bons et patriotes Français » furent d’impitoyables exécuteurs de Juifs qui tentaient de fuir la barbarie nazie.

Sans dévoiler l’histoire de cet ouvrage qui raconte que le jeune Samuel échappa à l’assassinat de toute justesse, quand des passeurs véreux et extrêmement gourmands quant à la somme à payer pour faire passer des Juifs de France en Suisse, les massacraient après les avoir détroussés à deux ou trois kilomètres de la frontière puis, à la Libération, furent médaillés, honorés et cités en exemple quasiment comme des Justes parmi les Justes.

Samuel, adulte, remonta la filière et, ainsi, se déroule page après page un récit historique qui ne peut pas laisser indifférent.

C’est, peut-être aussi le moment de faire le rapprochement avec les réfugiés de ce début de XXIe siècle qui, pour beaucoup, sont la proie de passeurs crapuleux

Seule différence : ces réfugiés-là ne sont pas abattus, mais périssent noyés

Sans compter, pour des rescapés, la chasse qui leur est menée par des autorités qui les renvoient manu militari dans l’enfer qu’ils venaient de fuir.

Ce livre dit de terroir, vous savez, le genre littéraire tant toisé par l’intelligentsia, relève de la Mémoire et porte un message très fort : « Plus jamais ça ! »

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