Il y a quelques jours, Sophie Wilmès, Première ministre libérale belge, rendit visite au personnel soignant de l’Hôpital public Saint-Pierre de Bruxelles afin de lui rendre hommage, elle qui avait retiré quelque 900 millions d’euros au budget Santé, parmi d’autres actes politiques catastrophiques pour la population.

Elle fut accueillie par une immense « haie de déshonneur » formée  d’une centaine d’infirmières, médecins, ambulanciers…

Par cette action pacifique et hautement symbolique, ils lui firent part de leur juste colère et qu’ils n’étaient plus enclins à subir une politique ultralibérale faite de réductions et suppressions de personnel et matériel réalisée au nom du rendement économique, donc au détriment d’une véritable politique de santé, comme ils souhaitent la pratiquer.

Les exemples concrets sont multiples en Belgique : neuf ministres de la Santé, oui neuf !, dans six gouvernements comptant six parlements et une kyrielle d’élus pour en arriver à une situation dramatique, malgré les signaux d’alerte lancés par les travailleurs de terrain. Pas de masques, ni de gel, ni d’appareils respiratoires, un personnel médical devant agir dans des conditions indignes, alors que le taux de décès dans les maisons de repos s’avère scandaleux et, que, déjà, quelque 10.000 citoyens sont décédés, ce qui fait que pour 11 millions d’habitants, la Belgique se classe en tête du nombre de morts du COVID-19 par nombre d’habitants ! Et, pendant ce temps des milliards sont dépensés pour des avions de chasse, des cadeaux financiers continuent d’être faits aux grosses fortunes et aux multinationales. Dans le fond, cette haie du déshonneur, qui ne fit pas plaisir à de nombreux politiciens, contenait en elle toute la volonté des citoyens d’en finir avec cette politique dévolue au grand capital.

Dans son édito de Charlie Hebdo du 20 mai, soit quatre jours après la haie de déshonneur belge, Riss est très lucide : « On est trop polis, on est trop gentils, on est trop respectueux avec ceux qui nous marchent dessus et nous méprisent. Il n’y aura rien de neuf après le COVID-19 si on se contente de faire des propositions qui seront aussitôt ridiculisées et dénigrées. Il faut arrêter d’être trop raisonnables et refuser que notre liberté soit emprisonnée par les délires de ceux qui nous asphyxient depuis des décennies avec leur vision si médiocre de la vie. Il faut leur apprendre à craindre de voir notre folie devenir plus grande que la leur. »

À Bruxelles, et aux yeux du monde entier, puisque les images de la haie de déshonneur ont fait de manière virale – ça ne s’invente pas, ça ! – le tour de la planète, un signal fort a été lancé aux décideurs de tous horizons avec cette « folie », comme dit Riss, qui est réellement basée sur une « nouvelle société ». Il est temps, grand temps, de passer des mots à une action responsable contre la « séduction toxique » des ultralibéraux et leurs lots de « gadgets séduisants », telle la 5G, au détriment des élémentaires outils de travail de ceux habilités à soigner, par exemple. Cette haie du déshonneur, c’était soigneurs contre saigneurs, en somme !

Photos : prises d’écran de documents publiés par des membres de l’Hôpital public Saint-Pierre de Bruxelles.

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