Un dessin rapide, simple, imparfait qui devient une expression artistique épanouissante.

Si vous avez des amis, de la famille, qui vivent loin de chez vous, voici une proposition pour lâcher durant un moment vos longues conversations téléphoniques, vos communications whatsapp interminables, vos visio-conférences épuisantes et autres et vous laisser inspirer par votre créativité et votre poésie.

L’e-tegami, est une pratique japonaise popularisée dans les années 70. Cet art consiste à peindre sur une carte postale un sujet de saison (fleur, fruit, animal…) ou des objets du quotidien, accompagné d’un court message manuscrit. Une fois la carte terminée, on l’envoie par la poste à un parent ou à un ami. Il s’agit de transmettre ses sentiments, les mots sont donc importants et le dessin ne doit pas être parfait, il peut être maladroit, l’essentiel est qu’il vienne du cœur. Ces petites œuvres visent à redonner à leurs destinataires le goût de la simplicité et de les reconnecter à leurs âmes d’enfant.

Les règles de cet art japonais sont simples, il ne s’agit pas d’être un as du pinceau. L’exercice s’inscrit dans l’instant présent,  il mêle l’observation de ce qui nous entoure et la rapidité de l’exécution.

Car selon la tradition, les contours du dessin sont épais et maladroits. Et il est même conseillé de tenir son pinceau par le bout du manche et le coude levé pour obtenir une sorte de tremblement dans les traits. Il faut aussi veiller à laisser des espaces blancs. Vous l’aurez compris, il s’agit de laisser une impression de spontanéité et de légèreté.

L’image se réalise en deux temps et voici une procédure si vous souhaitez suivre les règles.

– On commence par tracer à l’encre de Chine et à main levée les lignes de vie c’est-à-dire les contoursIl faut les exécuter sans s’y attarder afin de ne pas figer la dynamique de l’image

– Ensuite, on met le dessin en couleurs. On veillera à n’utiliser que quelques couleurs, que l’on appliquera suivant la technique du lavis (pigment très dilué). On peut travailler sur un papier washi ou aquarelle, afin de favoriser la diffusion aléatoire de l’eau et de la couleur.

– Enfin, lorsque le dessin est achevé, on écrit un court message et on le signe. Traditionnellement on signe à l’aide d’un sceau à son nom, avec de l’encre rouge. Et  il est possible de fabriquer soit même son tampon en gravant une gomme.

 

Et n’oubliez pas votre créativité et votre poésie…..

 

Koike Kunio est un artiste qui s’était spécialisé dans la calligraphie, avant de se rebeller contre les codes établis par cette tradition ancestrale. De cette rébellion il va créer de nouvelles règles, ou plus précisément des « non-règles » qui deviendront la base de l’e-tegami.

Et c’est justement par la popularité grandissante pour le travail de Koike Kunio dans les années 1970 que l’art de la lettre peintre va être remis au goût du jour. Son succès est tel qu’aujourd’hui Koike est devenu le président de l’association japonaise d’e-tegami, et qu’un musée entièrement dédié à cet “art” a été érigé.

Le leitmotiv de l’artiste japonais est : ”La maladresse n’est pas un problème. Soyons maladroits !” La maladresse serait considérée ici comme le reflet des vibrations du corps et de l’émotion de l’esprit devant l’objet admiré et observé.

Aujourd’hui, l’e-tegami a conquis le monde entier, il n’est pas rare de voir des occidentaux travailler tout simplement à l’aquarelle et au pinceau à réservoir d’encre.

Donc plus d’excuse… il suffit d’observer ce qui nous entoure et de se lancer.

 

 

 

 

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