Vous qui allez visiter ou séjourner à Carcassonne, ville aux deux sites classés au Patrimoine Mondial, le Canal du Midi et la Cité, la plus grande forteresse d’Europe, vous serez accueilli par une étrange statue à la Porte Narbonnaise…

Vue de la Cité depuis la ville moderne (Photo Pierre Guelff)

Qui est-elle ?

« Au VIIIe siècle, pendant l’occupation de la Cité par les Arabes, dame Carcas, Princesse sarrasine, aurait défendu Carcassonne (qui ne s’appelait pas encore ainsi) contre un siège de Charlemagne.

Ce siège s’éternisait depuis cinq ans. Au bout de ce temps, dans la forteresse, les vivres vinrent à manquer. Dame Carcas avant de prendre une décision, fit fouiller toutes les maisons de la ville pour récupérer la nourriture qui aurait encore pu rester chez les habitants.

Dame Carcas, sculpture originale (Photo Pierre Guelff)

Les soldats ne rapportèrent au château qu’un sac de blé et… un porc qu’une vieille femme avait dissimulés au fond de sa cave.

La princesse eut tôt fait de considérer qu’il était inutile de distribuer ces provisions à la garnison et aux habitants de la Cité : il n’y en aurait pas une bouchée pour chacun, de plus, les soldats étant musulmans, ils ne mangeraient pas de cochon.

Dame Carcas fit gaver le porc avec le sac de blé et le jeta ensuite par-dessus les créneaux : l’animal vint s’écraser aux pieds de Charlemagne, libérant de ses entrailles tout le blé dont il avait été gavé.

Stupeur de Charlemagne : « Si les Arabes se permettent de jeter les vivres c’est que la ville est abondamment approvisionnée, inutile de poursuivre le siège qui a déjà bien trop duré. »

Ordre fut immédiatement donné de lever le siège.

Mais lorsqu’on était une femme, même musulmane, on résistait bien mieux à un siège qu’au charme de l’Empereur à la barbe fleurie, dit-on !

Le fait est que, Dame Carcas voyant s’éloigner Charlemagne fut prise d’une grande tristesse à l’idée de ne plus le revoir, le rappela, le sonna… et lui livra sa ville, les cloches sonnant à toute volée.

Depuis ce temps-là, Carcas… sonne (Charlemagne).

La légende ajoute que le Grand Empereur donna Dame Carcas en mariage à l’un de ses fidèles compagnons, Roger. »

Mais, il y a aussi une énigme non loin de la statue à la basilique Saint-Nazaire (XIe siècle) qui propose une énigme non résolue depuis des siècles.

Outre une jolie nef romane, une splendide rosace sud, des vitraux dont les plus anciens remontent au XIIIe siècle…, je me suis surtout attardé devant la « Pierre du siège ».

La Pierre du Siège (Photo Pierre Guelff)

Il s’agit d’un fragment sculpté de bas-relief (XIIIe siècle) représentant un siège. Lequel ?

Certains évoquent la mort de Simon de Montfort devant les murs de Toulouse, d’autres le massacre des Cathares.  À ce sujet, en parcourant la Cité et ses trente-huit tours dont une fut le siège du Tribunal de l’Inquisition, ce pan de l’Histoire et ses quelques vestiges témoignent encore des tortures subies par les « hérétiques », tels des chaînes et un cachot.

Mais, ne quittons surtout pas Carcassonne en assistant au spectacle inouï de fauconnerie, celui où vous pourrez être acteur quand un rapace apprivoisé vient se poser sur votre épaule ou manger dans votre main. Impressionnant mais inoubliable, comme Dame Carcas !

À la semaine prochaine !

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