En 1148, Notre-Dame de Sénanque fut fondée par des cisterciens venus de l’Abbaye de Mazan, en Vivarais. La construction de l’ensemble dura une centaine d’années. L’église fut le premier édifice à être érigé, puis les habitations provisoires. Aux XIIIe et XIVe siècles, ce fut l’apogée de Sénanque : quatre moulins, sept granges, de nombreuses terres en Provence…

En 1544, la Guerre des religions fit de nombreux dégâts et, à la Révolution, ce fut la vente comme bien national.

En 1854, rachat, restauration, réinstallation d’une communauté, mais, en 1903, suite aux lois sur les congrégations, les moines furent expulsés !

En 1926, reprise de la vie conventuelle pour une quarantaine d’années et en 1969, Sénanque devint un centre culturel !

En 1988, renouant avec des siècles de tradition cistercienne, une nouvelle communauté de moines réinvestit les lieux pour, en 1998, fêter le 850e anniversaire de la fondation de cet exceptionnel lieu sacré. Ils étaient une dizaine en 2012  et plus que sept en 2019. Les légumes issus du potager de l’abbaye sont leur principale source de nourriture.

Aujourd’hui, ils consacrent une partie de leur labeur à la visite de l’abbaye, à la librairie religieuse, à la culture du lavandin, à la vente de miel, d’essence de lavandin, de produits provenant d’autres abbayes…

L’édifice du XIIe siècle est encore utilisé par les moines : église abbatiale, cloître, dortoir, chauffoir et salle du chapitre. Dans cette salle se prenaient des décisions, s’effectuaient les prises d’habits, les professions monastiques, l’élection de l’abbé…

Les moines s’asseyaient sur des gradins, l’abbé au centre faisait face à la « Tarasque » et pouvait parler sans élever la voix tant l’acoustique y était de qualité grâce aux six croisées d’ogives. C’était la seule pièce où il était autorisé de parler.

Mais qui était la « Tarasque » ?

Vieilles pierres et lavande cohabitent dans un cadre plein de sérénité à Sénanque (Photo Pierre Guelff)

La « Tarasque » était une bête faramineuse comparable à la vouivre ou au dragon. Cet animal fabuleux a été décrit par Jacques de Voragine au XIIIe siècle dans sa célèbre « Légende dorée » :

« Il y avait, à cette époque, sur les rives du Rhône, dans un bois entre Arles et Avignon, un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus épais qu’un bœuf, plus long qu’un cheval, avec des dents semblables à des épées et grosses comme des cornes, qui était armé de chaque côté de deux boucliers ; il se cachait dans le fleuve d’où il ôtait la vie à tous les passants et submergeait les navires. »

Sainte Marthe et la Tarasque, enluminure du XVe siècle (Document Wikipedia)

Comme le « Baphomet » des Templiers, la présence de la « Tarasque » à l’Abbaye de Sénanque n’était certainement pas à prendre comme un signe d’idolâtrie, mais comme un « concept » qu’il fallait combattre, voire à ne pas imiter.

 

 

 

 

 

 

 

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