Deuxième chronique consacrée par Fréquence Terre en partenariat avec POUR à la Révolution du Sourire, titre d’un ouvrage collectif paru aux Éditions Franz Fanon et qui traite du Hirak, le mouvement citoyen qui lutte pour une Algérie libre, concept qui peut aisément s’envisager dans maints autres pays de la planète.

En ce sens, un slogan est explicite : « Vous avez ruiné nos vies, nous ne vous laisserons jamais détruire celles de nos enfants ! »

Dans son introduction, l’éditrice Sarah Slimani explique : « Hommes d’affaires corrompus, militants avérés convertis en sous-traitants d’obscurs politicards, partis politiques discrédités, universitaires ignorés, étudiants méprisés, populations appauvries et maintenues dans la précarité, attendant l’aumône du gouvernement… des pans entiers d’Algériennes et d’Algériens livrés à eux-mêmes, vivant chacun sa propre traversée du désert. »

Cet ouvrage principalement construit de témoignages sous forme de fictions et de nouvelles ponctuées de nombreux slogans relevés lors des Marches du vendredi, c’est encore ce cri : « Ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines » ou « Lorsque l’injustice devient la loi, la révolution devient une obligation ».

Heureusement, jusqu’au moment où le Covid-19 fit suspendre ce mouvement, le pacifisme y régnait depuis des mois et sur tout le territoire, malgré les tentatives de déstabilisation et provocations des apparatchiks et autres tenants de différents pouvoirs.

« La Révolution du Sourire, dont les chants rythment et rythmeront nos rêves, nous a permis de nous redécouvrir. Elle est, et elle sera sans doute pour longtemps, le lieu de rupture, pas uniquement avec le totalitarisme et ses tentations (…) Nous avons vu que nous sommes capables de nous organiser, de nous maîtriser, de faire preuve d’abnégation, de sourire, de faire sourire le monde et de réécrire le sens de l’honneur et de l’humour sur la face du monde. »

Et, quand Hédia Bensahli, dans la nouvelle « Le murmure », évoque une souffrance inhumaine, on comprend l’une des raisons qui pousse des citoyens à réclamer des comptes au monde politico-économique : « Il va me falloir apprendre à tendre la main pour que mes filles mangent à leur faim, les habituer aux affres de l’indigence… Tout le monde se tait, se laissant consumer par l’attentisme. Ma déchéance m’a consumée, annihilée, c’est trop tard pour moi… Criez le plus fort que vous pouvez… Pensez à prendre soin de mes filles… »

Ce bouleversant récit n’est qu’une goutte dans un océan, certes, mais les ruisseaux ne font-ils pas les grands fleuves et, forcément les mers et océans ?

Kamel Bencheikh, autre plume du livre, écrit cet espoir : « Quelle belle démonstration que ces manifestations pacifiques où les jeunes, essentiellement, avaient décidé de déchirer le voile que la nomenclature avait mis sur leurs yeux depuis si longtemps. »

Et pour terminer La Révolution du Sourire, ce conseil : « Marchons différemment, luttons ensemble ».

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