Dans de nombreux pays, la situation sur le front de la pandémie permet à nouveau la visite de musées, bien entendu en respectant les élémentaires mesures sanitaires.

Aujourd’hui, je vous invite à parcourir un impressionnant palais souterrain dans la capitale de l’Europe, dont l’origine remonte au XIIe siècle.

À vrai dire, il s’agit des vestiges d’un site archéologique exceptionnel formé d’un imposant réseau de salles et de passages souterrains qui débouche sur un musée qui présente le résultat de campagnes de fouilles.

Cependant, avant d’être sous l’actuelle place Royale où l’on entend les passages des trams quelques mètres au-dessus de vous, ce site tenait un rôle majeur dans la politique des ducs de Brabant, puis fut un haut lieu de la diplomatie, avant de devenir une résidence de plaisance.

 

Ainsi, au temps où cette ville fut la capitale des États bourguignons en lieu et place de Dijon, par exemple, le Palais du Coudenberg dominait Bruxelles et était une résidence princière qui accueillait les plus puissants de l’Europe jusqu’au XVIIIe siècle, plus particulièrement Philippe le Bon, duc de Bourgogne qui fonda l’ordre de chevalerie de La Toison d’or, et Charles Quint, empereur du Saint-Empire.

Une question vient rapidement à l’esprit quand on se trouve dans cet espace sous terre : pourquoi, justement, ce palais est-il devenu souterrain ?

Parce que, au XVIIIe siècle, tout le quartier fut nivelé pour aménager ladite place Royale et les pavillons qui l’entouraient.

Lors de la visite, on déambule d’ailleurs dans la rue Isabelle voûtée, alors qu’originellement elle était à ciel ouvert comme toutes les artères de la ville.

Six étapes jalonnent la visite de ce qui fut d’abord un château défensif avant de devenir un palais aux mains des ducs de Bourgogne avec, entre 1452 et 1460, l’édification de la prestigieuse salle d’apparat, l’Aula Magna.

Voici le corps de logis avec ses vestiges les plus anciens datant du XIIe siècle, mais, aussi des voûtes du XIVe et des caves du XVe.

Ensuite, la chapelle avec ses piliers octogonaux, les portes d’origine datant du XVIe, on voit des traces des techniques de taille des pierres, ensuite, remontons la rue Isabelle, et à la quatrième étape nommée « Aula Magna », on remarque une clé de voûte ornée des emblèmes de Philippe le Bon, puis direction vers le musée avec galerie gothique du XVIe, statue monumentale d’un apôtre du XVe siècle, collections de céramiques, de verres…

Terminons la visite par une anecdote : le 3 février 1731, le palais fut la proie des flammes. On prétendit que ce fut une cuisinière qui en aurait été la cause lors de la fabrication de confitures. En vérité, ce fut la sœur de l’empereur Charles VI du Saint-Empire, Marie-Élisabeth d’Autriche, qui avait omis d’éteindre les bougies dans l’appartement qu’elle occupait au palais bruxellois.

Renseignements utiles : Palais du Coudenberg : www.coudenberg.brussels

Photos : Marie-Paule Peuteman (Fréquence Terre)