17 juin 2021
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Témoignage de Jane Fonda : « Que faire ? Sauver la planète ! » (1/4)

Que faire ? tel est le titre du livre de Jane Fonda paru chez Albin Michel, un ouvrage attendu par de très nombreux pacifistes et défenseurs de la nature, tant l’actrice est devenue, au fil des décennies, une activiste qui force le respect et dont on attendait qu’elle nous partage son immense expérience par quelques conseils ou commentaires sur ces sujets d’une brûlante actualité.

À savoir, une inlassable pratique de militante et d’écologiste de la première heure qui nous permettrait de puiser des enseignements supplémentaires aidant à lutter davantage pour la fraternité universelle et la sauvegarde de la planète.

Effectivement, Jane Fonda milite pour l’environnement depuis les années 1970 en installant une éolienne dans son ranch, des panneaux solaires dans sa maison de Santa Monica, c’est-à-dire une prise de conscience écologique dès les premiers signes tangibles d’une dégradation de la nature.

Cela fut doublé par un militantisme pour le pacifisme, contre les guerres du Vietnam et d’Irak, également pour les droits des femmes.

Et puis, en 2018, elle découvrit une jeune fille courageuse qui, selon Jane Fonda, « nous exhorte à sortir de notre zone de confort et, surtout, à agir, Greta Thunberg. »

Avec beaucoup d’humilité, l’actrice qui connaît encore une célébrité planétaire, expliqua qu’en cinquante années d’engagement citoyen elle a déjà participé à beaucoup de mouvements sociaux et, qu’à plus de 80 ans, elle allait imiter ladite Greta Thunberg, c’est-à-dire imaginer à son instarun rassemblement du vendredi avec en point d’orgue une action de désobéissance civile non-violente.

Le premier rendez-vous fut fixé sur les marches du Capitole, haut lieu sensible de la politique américaine, comme on le vit avec les partisans de Trump en janvier 2021.

Cependant, avec Jane Fonda et d’autres activistes, il ne fut absolument pas question de la moindre violence.

Quelle fut cette organisation de l’actrice ? Durant quatorze vendredis, baptisés « Vendredis d’Alerte Incendie », « parce que notre maison, la Terre, brûle », précisa-t-elle, son dispositif se basa sur un panel de manifestants qui, semaine après semaine, exposaient des thèmes centrés sur le climat, telle cette jeune indienne de 17 ans qui évoqua le combat des peuples autochtones, tel Jerome, un autre jeune, qui réclama l’union des manifestants, gage de succès pour interpeller les élus, telle Sandra, une biologiste qui, preuves scientifiques à l’appui, confirma que des populations entières de poissons et de récifs coralliens sont en train de disparaître, tout comme les insectes, et que les plastiques asphyxiaient la vie marine ou finissait dans un incinérateur aggravant encore plus la pollution et la crise climatique.

La volonté de Jane Fonda était claire : « La meilleure chose que nous, adultes, puissions faire, c’est de soutenir activement la prochaine génération de militants climatiques prêts à prendre la tête du mouvement.  Plus j’en apprenais sur la crise climatique, plus je sentais que ce serait en créant une vraie communauté que nous allions réussir à lever l’armée nécessaire pour changer la manière de faire dans ce pays, et cela sur le long terme. »

Grâce à son témoignage, suivons quelque peu Jane Fonda dans son premier vendredi.

Ainsi, après une dernière réunion avec les différents intervenants, le choix du parcours dans Washington jusqu’au Capitole, s’assurer d’avoir suffisamment alerté la presse sur cette action qui, faut-il le rappeler, n’était pas autorisée par les autorités, du moins dans son cheminement jusqu’aux marches du siège du Congrès, nous retrouvons l’actrice avec à ses côtés sa belle-petite-fille, des militants, des scientifiques…

Arrestation de Jane Fonda sur les marches du Capitole à Washington ©Greenpeace/Tim Aubry

Bien entendu, la police n’apprécia pas, arrêta celles et ceux qui avaient réussi à grimper les marches, dont Jane Fonda, les menottèrent, les menèrent dans des fourgons sous les applaudissements de la foule.

Au poste de police, ils furent fouillés, enfermés dans des cellules. Et, là, les sept prisonniers échangèrent entre eux des propos sur le climat, la démocratie, la guerre, la santé, firent plus ample connaissance et élaborèrent les thèmes à présenter lors des prochains vendredis !

Leur libération s’opéra au compte-gouttes après le relevé des empreintes, le paiement de l’amende de cinquante dollars et avoir récupéré leurs affaires personnelles.

À la sortie, d’autres manifestants baptisés « Soutiens aux prisonniers » les accueillirent. Ce qui sera le cas chaque vendredi.

Bien sûr, Jane Fonda prit la parole devant une imposante presse accourue pour l’occasion : « Je soutiens les jeunes à 100%. Et je veux les aider à faire passer leur message. »

Elle tira un bilan de cette première journée, il sera aussi notre conclusion pour cette première chronique, parce que, depuis plus d’une décennie Fréquence Terre milite aussi dans ce sens : « Si tu veux aller vite, pars seul ; si tu veux aller loin, pars à plusieurs. »

En d’autres termes, une action solidairement partagée avec d’autres défenseurs des valeurs fondamentales de notre société est indispensable pour mener à bien cette lutte pacifique contre les pollueurs, les climatosceptiques et les fossoyeurs de la démocratie.

Tous mes remerciements à Florence Godfernaux et Raphaëlle Gourvat, attachées de presse aux Éditions Albin Michel, à Greenpeace, à Tim Aubry, photographe, et, bien sûr, à Jane Fonda pour les documents photographiques et informations.

 

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