24 octobre 2021

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Une plante est construite comme Internet

« Nous les plantes », le dernier ouvrage de Stefano Mancuso publié chez Albin Michel présente l’ensemble du monde végétal comme une nation. Une nation formée d’individus ayant en commun une histoire, des origines, des mœurs et des objectifs. Et il fait un constat implacable : la nation végétale est la plus nombreuse et tient sous sa dépendance absolument tous les autres organismes vivants.

Car sans le monde végétal, il n’y aurait pas de planète Terre, ce serait plutôt Mars ou Vénus.  Par conséquent, la nation des plantes est la seule véritable puissance planétaire capable d’aspirer à l’éternité.

L’auteur s’appuie sur une observation fine, clairvoyante, et percutante de notre société consumériste composée de systèmes parfois aberrants.

En effet, l’homme se comporte trop souvent comme le maître du monde et  se faisant, il a réussi à provoquer un changement drastique de son environnement au point de le rendre dangereux pour sa propre survie.

Ainsi, Stefano Mancuso pose les bases d’une véritable constitution sur laquelle bâtir notre avenir pour vivre en harmonie avec le règne végétal.

Prenons ensemble l’article 3 de cette constitution : la nation des plantes favorise les démocraties végétales partagées et décentralisées.

Nous savons que grâce à la photosynthèse et à l’autonomie énergétique qu’elle assure, les plantes n’ont pas besoin de se déplacer pour rechercher de la nourriture.  De plus  les plantes respirent, se nourrissent et raisonnent avec l’ensemble de leurs corps.

Et si l’on regarde le fonctionnement de nos sociétés, l’on constate  que l’homme reproduit partout une organisation centralisée verticale dans les entreprises, les écoles et toutes formes d’associations.

Dans ce type d’organisation le chef est supposé prendre rapidement des mesures en fonction des circonstances. Le problème c’est que toute hiérarchie engendre une bureaucratie plus ou moins lourde et cette même bureaucratie engendre des délais qui réduisent la plupart du temps à néant l’efficacité de ce système.  Et aberration de notre monde, c’est que malgré l’inefficacité des hiérarchies elles sont malgré tout, partout.

Alors pourquoi est–ce si difficile d’imaginer des organisations horizontales prenant pour modèle le corps des plantes.  Et Internet en est le symbole par excellence avec comme caractéristiques, une décentralisation totale, une horizontalité, une présence de répétition d’un nombre infini de modules identiques et absence d’organes spécialisés.

Mais restons positifs, car on a pu voir apparaître des structures décentralisées ces dernières années qui résultent de procédures collectives et où l’autorité y est conférée en fonction des compétences – comme chez les plantes en l’absence de tout centre de commandement les décisions sont prises au plus près des lieux où leurs effets seront amenés à se faire ressentir.

Gageons que comme dans le monde des plantes qui grâce à son recours exclusif à des typologies horizontales et décentralisées, la nation des plantes a trouvé une solution définitive à tous les problèmes liés à la vulnérabilité et à la bureaucratie.

Alors pour notre monde d’aujourd’hui et de demain, tous ensemble nous pouvons nous appuyer sur l’article 8 :  la Nation des plantes reconnaît et favorise le soutien mutuel. La coopération est la force qui permet à la vie de prospérer.

 

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