vendredi, décembre 2, 2022

Quelle société ? Bordel !

Quelle société ? Bordel ! Et j’en fais partie intégrante.

À lire des messages sur les réseaux sociaux et des courriers de lecteurs dans des journaux et magazines, à suivre des débats et des émissions de talk-show, à écouter des causeries ou participer à des discussions familiales, entre voisins ou collègues, c’est devenu la foire d’empoigne.

Depuis deux ans et l’apparition du COVID-19, confinement après reconfinement, dose de vaccin après booster, vague après tsunami, les provax et les antivax s’étripent littéralement à coups d’arguments et de contre-arguments qui défilent à une allure virale (c’est le cas de le dire), à coups de coups de gueule et d’accusations réciproques qui s’assènent sans répit, à coups de jugements péremptoires et de contre-jugements dogmatiques, c’est devenu une société inaudible où plus grand monde ne semble s’écouter : « J’ai raison, tu as tort » devient un mantra et un cri de haine ou de guerre.

De déchirement en colère, de tension extrême en émotion incontrôlée, de peur en insulte, de stigmatisation en rupture, la société érige des barrières, des frontières et des murs de rancœur et de rancune.

Et tout cela sous les yeux des jeunes. Oui ! De nos enfants et de nos petits-enfants.

C’est-à-dire ceux qui, demain ou après-demain, vont devoir reconstruire des liens, des liens tellement durs à tisser et que leurs aînés ont cochonnés, abîmés, salis, cassés.

Ces aînés, dont je fais partie, qui leur assénaient quelques principes moraux pour le « bien-vivre-ensemble » et qui leur psalmodiaient des citations philosophiques ou religieuses sur l’amitié, la solidarité et la tolérance.

Bref, on est en plein dans le « Faites ce que je dis et pas ce que je fais. »

En 1979, le film « Et la tendresse ? Bordel ! » avec, entre autres, Bernard Giraudeau, cartonna avec des millions et des millions d’entrées au cinéma.

En cette fin 2021, on pourrait tourner « Et la fraternité ? Bordel ! », voire Et l’écoute de l’autre ? Et l’harmonie ? Et l’empathie ? Et nos relations dites civilisées ? Et notre parentalité ? Et notre altruisme ? Et notre sagesse ?

Sagesse ? Ah oui, répliquent les jeunes, n’est-ce pas Léonard de Vinci qui dit que « La sagesse est fille de l’expérience » ou Cicéron qui clama « La sagesse est l’art de vivre », voire l’écrivain visionnaire Maxime Gorki qui prédit que « La sagesse de la vie est toujours plus profonde et plus large que la sagesse des êtres humains. » ?

En d’autres termes, les jeunes nous disent que trop c’est trop, que nous ferions mieux d’utiliser notre énergie à retrouver le discernement et à retourner à l’essentiel : « On a tous besoin d’entente, de fraternité, d’harmonie, de paix et de sérénité. »

 

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