lundi, novembre 28, 2022

Changez de vie !

Bruno Latour, philosophe des sciences, anthropologue et sociologue, était reçu à « La Grande Librairie » sur France 5 pour présenter son dernier ouvrage co-écrit avec Nikolaj Schultz Mémo sur la classe écologique en précisant qu’il s’agit de « l’écologie sans bailler ni paniquer » paru aux Éditions « Les Empêcheurs de penser en Rond ». Rien que le nom de cette maison d’édition est tout un programme !

Et que dit cet empêcheur de penser et d’agir en rond ?

Bruno Latour à « La Grande Librairie » sur France 5 (Photo : prise écran FT)

Il lança d’emblée : « Des muets parlent à des sourds » ! Cela fait un peu penser aux messages codés de « Ici Londres, des Français parlent aux Français. Les patates sont archi-cuites, je répète les patates sont archi-cuites ».

Bruno Latour expliqua que les muets et les sourds, c’était le manque de dialogue entre les citoyens qui expriment leurs attentes en matière de mesures écologiques et le silence assourdissant des politiciens à ce niveau-là.

Colibri anti agriculture intensive (©Thomas Burion)

Ça, on ne le sait que depuis trop longtemps. Et encore ? « Les mots sont le début des idées. Observez pour comprendre ce monde : le développement est terminé à cause des injustices et de la situation de la Terre. Le système de production est devenu un système de destruction ! Le sol a mis des millénaires pour se former et il peut être démoli en quelques secondes par un bulldozer ! »

Là, on est au cœur du réacteur, au cœur de la démonstration de l’invité de François Busnel qui asséna encore : « Nous sommes des colonisés par le système de production » et l’écologie est la méthode pour changer ce monde, mais sous-entendu, une « vraie » écologie, pas celle des partis dits écologiques : « Le climat varie à cause de nos actions et de nos inactions. Les activistes tentent de s’enfuir de ce système de production ».

Peut-on en dire autant des élus dits écologistes ?

Une réponse globale de Bruno Latour tomba comme un couperet : « On le sent, on le sait, mais on ne fait concrètement rien face au changement climatique ! »

Alors, concrètement, que faut-il faire ? « Nous avons été trahi par le projet de modernisme quand on voit l’état de la Terre. L’alternative est que la classe écologique doit définir le sens de l’Histoire contre l’idée de la reprise économique. La classe écologique doit tenir compte du lieu, du territoire, du sol, pour élever des éoliennes et ainsi éviter une guerre entre les partisans et les antis éoliennes, afin qu’elles soient acceptées par tous. »

Et puis, comme un mantra, il répéta : « Changer de vie pour changer de monde ! »

Colibri anti pollution de l’air (©Thomas Burion)

Sa conclusion : « Ce qui n’était pas prévu, c’est que la Terre réagisse aussi rapidement aux actions humaines, d’où les tragédies. Mais, ce qui a été fait peut être défait. Il faut sortir de l’économisation, mener la bataille des idées C’est l’occasion de mettre la ‘‘bonne vie’’ au centre des préoccupations prioritaires, soit la notion d’habitabilité. Croire que la solution va venir du ciel est vain, la transcendance a aussi amené à la catastrophe dans laquelle on se trouve. »

L’écologie sans bailler ni paniquer, c’est donc bien Bruno Latour !

Et, avant de terminer cette chronique « Terre citoyenne », j’invite nos auditeurs à consulter la page de la rubrique sur notre site www.frequenceterre.com : ils y découvriront deux illustrations qui auraient enchanté feu Pierre Rabhi. Elles sont signées par Thomas Burion, dessinateur et illustrateur, qui a offert une douzaine de ses dessins inspirés du « Colibri » et qui, mieux que de longs discours, résument parfaitement le principe fondamental des alternatives décrites par Bruno Latour.

 

 

 

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