jeudi, septembre 29, 2022

Musiques du monde, écologie

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Bailleul et la protection de la fée Mélusine

Pierre Guelff - Musiques du monde, Infos environnement - Fréquence Terre
Pierre Guelff – Musiques du monde, Infos environnement – Fréquence Terre

Bailleul est une ville d’une quinzaine de milliers d’habitants de la Flandre française qui fut quasiment détruite par les Allemands en 1918, puis rebâtie dans un style néo-flamand qui lui va à ravir. « Bailleul, modèle d’une reconstruction flamande », tel est le slogan suffisamment explicite qui y est clamé.

Le centre historique de la ville est incontestablement la Grand-Place et ses environs immédiats.

Hôtel de ville (Photo Marie-Paule Peuteman)

Bien entendu, visible à des kilomètres à la ronde, le beffroi accolé à l’Hôtel de ville attire l’attention. Inscrit au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, il émet depuis son sommet des ritournelles grâce à trente-cinq cloches.

La salle gothique qui est à sa base et le Présidial de Flandre tout proche sont, eux, classés aux Monuments historiques.

La base du beffroi est en grès et date du XIIIe siècle, il comporte une salle gothique aux murs d’1m20 d’épaisseur, ce qui fit qu’elle résista aux bombardements.

On y lit : « De 1920 à 1934, un immense chantier fait renaître Bailleul en style néo-flamand inspiré de Bruges et édifie des pignons aux briques de sable, à pas de moineaux, à volutes ou rectilignes ».

Un message qui devrait fleurir dans toutes les communes (Photo Marie-Paule Peuteman).

J’ai particulièrement apprécié le côté écologique développé au pied de cet imposante mairie et le message planté dans le gazon y faisant face : « Sensibiliser la population à la préservation de la biodiversité ».

La vaste place Liénart à quelques pas de là, est dévolue à ce cardinal (1884-1973), évêque de Lille, plus jeune évêque de France en 1928, promu cardinal en 1830, il mena une politique sociale hardie par sa défense permanente du monde ouvrier et participa activement aux commissions de Vatican II.

Château d’eau et église Saint-Vaast (Photo Marie-Paule Peuteman).

Au centre de la place a été érigée une fontaine qui a connu un destin assez mouvementé. En voici trois phases :

  • Relevée de ses décombres, inaugurée en 1932, cette fontaine publique est l’exacte reproduction de l’ancienne.
  • Arrêtée pour faits de guerre et par manque d’eau pendant plus de trente ans, elle fut restaurée et remise en marche le 3 avril 1970.
  • Inaugurée le 16 septembre 2006, elle retrouva sa place au sein du patrimoine bailleulois pour offrir à nouveau son doux chant de l’eau.
Fontaine « sauvée des eaux »…(Photo Marie-Paule Peuteman).

Sur la place, on distingue aussi l’imposant château d’eau mis en service en 2011. Ce Château d’eau du Taillis compte 235 marches pour une hauteur de plus de quarante-cinq marches et en impose par sa structure.

L’imposante église Saint-Vaast, également sur cette place, est de style romano-byzantin et comporte trois porches avec, au-dessus du central, le tympan sculpté représentant le Christ roi.

L’imposant chœur de l’église Saint-Vaast (Photo Marie-Paule Peuteman).

Si les vingt-trois vitraux racontent l’historique de la ville, cet édifice est particulièrement dévolu à Notre-Dame du Fief en Flandre et honore saint Antoine, parmi tant d’autres.

Le Portail des Corporations contient des blasons de métiers et l’Art déco prédomine à l’intérieur avec, aussi, un air byzantin et une alternance de couleurs dans les briques et les frises.

De petites niches accueillent la représentation de saints en mosaïque, tout comme plusieurs endroits de ce lieu de culte qui font honneur à cet art décoratif.

L’origine de l’église est très ancienne (le portail roman daterait du XIIe siècle), sa flèche fut détruite pendant la Révolution française pour y installer le télégraphe de Chappe.

Il y a tant de saints à honorer dans cette église, que les luminaires (et les troncs !) à leur effigie sont légion. Ici, vous avez le choix pour une neuvaine, Jean-Paul II, Jean XXIII, saint Joseph, sainte Thérèse, saint Antoine, sainte Rita, Notre-Dame du Fief, Notre-Dame de Lourdes (Photo Pierre Guelff).
Arbre de Paix (Photo Pierre Guelff).

Un peu plus bas que l’église, voici l’Arbre de la Paix, un peu maigrichon à côté du massif monument aux victimes des guerres (surtout des civils), puis l’école dentelière et le Présidial.

L’École dentellière (Photo Marie-Paule Peuteman).

 

 

 

 

À l’école, on y explique cette tradition bailleuloise depuis 1664. Le bâtiment fut reconstruit en 1925 par l’association « Le Retour au Foyer » (« Secours immédiats aux régions libérées » -1917) grâce à un mécène américain, Nelson Cromwell, dont le buste trône à l’entrée de cet édifice qui se visite en plus d’y être un lieu d’enseignement apprécié.

Le Présidial de Flandre se situe à quelques pas de là. Transféré d’Ypres en 1713, construit en 1776 sur d’anciens cachots du XVe siècle, c’est le plus ancien bâtiment de la ville. Il est l’expression du classicisme français et non de style néo-flamand.

Le Présidial (Photo Marie-Paule Peuteman).

Le Présidial fut la cour de justice pour toute la Flandre française du côté de la Mer du Nord. Ce transfert amena maints magistrats, juges, avocats, employés, greffiers, huissiers dans la cité.

Bailleul, c’est encore le Mardi Gras et son géant Gargantua, alors que Mélusine trône au sommet du beffroi en « Gardienne des Bailleulois ».

Mélusine était une fée qui apportait la gloire, la richesse, la force et la puissance, elle était aussi une inspiratrice de talent : n’a-t-elle pas construit la chapelle pour la cérémonie de son mariage en une nuit ?

Elle faisait surgir, comme par enchantement, un château juché sur une colline, des couvents, des églises… Cette mère de dix enfants modèle, apportait la prospérité en plus d’être une très jolie et aimable femme.

Deux légendes suivent cette première narration. La première dit qu’elle travaillait la nuit, au clair de lune et avant le chant du coq, mais qu’elle arrêtait sa construction si on la surprenait à la tâche.

C’est la raison pour laquelle, prétend-on, certains édifices sont restés inachevés : il manque la dernière pierre de la flèche (qui culmine à 75 m) de l’église Notre-Dame de Niort, par exemple.

La fée Mélusine au sommet du beffroi de Bailleux (Photo Marie-Paule Peuteman).

Deuxième légende : une sorcière avait prédit à Mélusine que, si, un samedi, son mari la regardait en secret prendre son bain, elle resterait à tout jamais transformée en femme-serpent, c’est-à-dire très jolie femme jusqu’au nombril, ensuite le corps se terminant par une queue de serpent.

Son mari, Raymondin, avait accepté pareil marché et ils eurent même dix enfants, jusqu’au jour où, poussé par la curiosité, voire une jalousie non fondée, l’homme regarda…

Ancienne girouette de Mélusine exposée au Musée De Puydt (Photo Marie-Paule Peuteman).

Surprise, Mélusine hurla et plus jamais son mari ne la vit sous une forme humaine.

En revanche, nous, nous nous retrouverons dans une prochaine chronique pour évoquer Marguerite Yourcenar et des “Tableaux fantômes”, également à Bailleul.

 

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