3:03 - jeudi décembre 8, 2016

Rester à Paris comme un défi par Mélèze – The Book Edition

Lu 447 fois Pierre Guelff 0 réaction
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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« Est-ce qu’on peut approcher la vérité mieux par le roman que par l’histoire ? C’est le propos de ce livre. Par ces quelques lettres et documents il espère bousculer certaines idées reçues sur l’école de la sociologie française », annonce l’auteur Mélèze dans son ouvrage « Marcel Mauss et son frère Henri » ( The Book Edition).

Et, de raconter :

« Je m’appelle Henri Mauss et je suis le frère de Marcel Mauss fondateur de l’ethnologie » ; l’ethnologie étant, entre autres, l’étude scientifique des sociétés dans leurs us et coutumes, dans leur histoire…

La trame de cet ouvrage est celle d’une sorte d’exorcisme de moments délicats, pour ne pas dire dramatiques, alors que les forces nazies envahissaient l’Europe et que le fait d’être juif était un danger permanent. Exode ? Exil ? Se cacher ? Pourquoi ? Comment ?

Au fil des pages, on découvre la vie au quotidien de ce frère :

« Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu un déménagement volontaire qu’une expulsion administrative qui nous a fait trembler à chaque pas non seulement pour les livres et autres précieux manuscrits inédits, mais par-dessus tout à cause de sa sécurité ? Imaginez ce professeur juif, visité par les autorités de collaboration contraintes de trouver un appartement pour un des officiers d’occupation : qui n’aurait songé à la solution la plus simple de l’arrestation ou de la déportation, il y en avait des sujets dont nous ne parlions pas dans nos lettres ? »

Ce frère n’a donc pas voulu quitter Paris…

« Je pense qu’il s’est enfermé volontairement. Il a voulu rester à Paris comme un défi. Il voulait porter l’étoile jaune et dire à tous les occupants qu’il croisait dans les lieux publics de l’arrêter. Je pense que d’un seul coup il s’est déréglé. »

Sociologie française et nationalisme allemand

Les mois passent. « Le grand froid (de l’hiver 1941-42) était notre unique façon de désigner ce froid encore plus glaçant qu’était la haine. Nous pouvions tous la rencontrer n’importe quand au détour de la rue. (…) Sa pensée s’était arrêtée et avec elle la sociologie française confrontée au nationalisme allemand. (…) Qu’était-ce donc que le froid ressenti par Marcel Mauss à côté du froid subi par les défenseurs de Leningrad ? »

A dire vrai, ce frère n’était pas resté à Paris pour « rien »…

« Il n’était pas engagé dans la Résistance mais… »

Mais, il était « seulement » au contact du premier vrai réseau de résistance qui a été reconnu par l’histoire ultérieure de la Deuxième guerre mondiale et qui s’était formé au Musée de l’Homme.

Assurément, par les temps où la peste brune revient au grand galop, voici un témoignage, sobre, mais tellement éclairant sur ce membre du Collège de France exceptionnel.

Pierre Guelff.

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Pierre Guelff
Pierre GUELFF est journaliste, écrivain (Éditions Jourdan) et chroniqueur radio. À travers ses ouvrages, ses émissions et ses chroniques, il défend avec passion la Nature, les notions de « Terroir », de « Tradition »… À « Fréquence Terre », il anime “Littérature sans Frontières”, "Nature sans Frontières" et "La Nuit porte conseil". Sur son site officiel retrouvez toutes ses émissions radio et tv (RTBF, VivaCité, TV5 Monde), ses ouvrages, sa biographie... Son site officiel

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