«  sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

C’est le Paris du Second Empire, celui d’Achille Bonnefond, détective, une sorte de flic de la Crime, comme on dit maintenant. Pour lui, Paris sans boulevards, c’est un corps privé de cœur. Et, il s’en passe des choses sur les boulevards et, bien entendu, dans les rues et les ruelles qui y aboutissent.

« L’atmosphère qui régnait sur la ville embrasait les sens. Achille savait qu’elle était propice au crime. »

Le ton est directement donné dans ce roman de Frédérique Volot titré « La Vierge-Folle », ce qui est déjà une énigme en soi. Ainsi, Achille Bonnefond est reçu par le ministre de l’Intérieur. Celui-ci lui déclare : « J’ai un meurtre sur les bras. Tout frais de cette nuit, au parc Monceau. » Et d’expliquer le massacre d’une femme, rousse, affreusement mutilée, vitriolée, tenant dans une main une lettre adressée à, je cite : « Napoléon, empereur de pacotille, imposteur, traître… », qui devrait subir le même sort que cette pauvre femme.

Avec un art consommé de l’intrigue, l’auteure nous fait davantage la présentation d’Achille Bonnefond (Tamara, sa nourrice devenue sa domestique, ses relations mondaines, dont la très belle princesse Lucile, sa maîtresse favorite, Marthe, son existence de célibataire endurci, sa chatte Pakoune, dotée d’un seul œil…), pour revenir, petit à petit, à l’affreux crime du parc Monceau. Son ancien associé, Félix, le mène à Baise-la-Mort, un chiffonnier habitant un taudis de la Petite-Pologne, l’un des quartiers les plus famés de Paris, car cet ancien truand a certainement des « relations » à lui présenter. Alors, pour mieux infiltrer le milieu, le détective se transforme en chiffonnier sale, puant, soiffard, mangeant des choses « incertaines ». Est-ce du chien, du chat, du rat, allez savoir ! Quoi qu’il en est, l’alcool sert d’antiseptique chez ces gens. Et, par petites doses (de mauvais vin, d’absinthe…), la rouquine du parc Monceau devient Vierge-Folle, « une piquée de la tourte, ficelée comme une sainte »…

 

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