sans Frontières est une chronique de .

Sans conteste, Jean Anglade est un maître du roman dit de « terroir », plus particulièrement auvergnat.

« L’écureuil des vignes » nous conte l’extraordinaire destin de Sylvain, fils d’un carrier.

Encore enfant, Sylvain était employé comme écureuil dans l’entreprise familiale, c’est-à-dire qu’enfermé dans une sorte de cage, il marchait des heures pour faire actionner une roue à soulever les blocs de pierre.

A cette époque, au milieu du XIXe siècle, on ne discutait pas pareil esclavagisme. Néanmoins, au risque d’y perdre la vie, le jeune Sylvain souffrit des poussières de la carrière et ses parents l’autorisèrent à entreprendre des études.

Ainsi, il devint officier de santé en dix-huit mois et partit exercer son art à Saint-Gervais, en pleine campagne.

Considéré comme un médecin des âmes et des corps, il se sentit utile dans ce rude canton auvergnat et fut estimé de tous.

Les années passaient jusqu’au jour où, Hermine, une Parisienne qui prétendait avoir été la maîtresse du peintre Manet et que c’était elle qu’on voyait, nue, à l’avant-plan du « Déjeuner sur l’herbe », bref, cette jeune dame mit le grappin sur Sylvain.

Ils se marièrent, n’eurent pas d’enfants, le couple battit de l’aile et l’histoire, ma foi, faillit se terminer tragiquement.

« Qui aurait jamais pensé que Sylvain, destiné par le sang à la profession de carrier, abandonnerait un jour cette destinée pour le stéthoscope ? », se demandait d’emblée Jean Anglade au début de son livre.

Seul lui pouvait raconter le destin de Sylvain avec autant d’humanité.

Pierre Guelff.

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