« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Une fois n’est pas coutume, avec « Le maître ardoisier » de Françoise Bourdon (Editions Pocket), voici un livre de terroir qui évoque l’Ardenne.

L’histoire débute au milieu du XIXe siècle aux « Ecaillères », la vaste demeure de la famille Warlet.

Eugène Warlet est le patron d’ardoisières qui font vivre tout un village mais qui tuent ou estropient aussi plusieurs « écaillons », ces ouvriers courageux qui, sous terre, arrachent le schiste pour en faire des ardoises prisées dans de nombreuses régions.

Lucienne est l’épouse du patron. C’est une citadine qui est totalement indifférente à l’activité professionnelle de son mari, sauf quand il lui rapporte beaucoup d’argent.

Ils ont deux enfants : Louis et Benjamine.

Louis se dit artiste et, à l’instar de sa mère, il ne désire pas côtoyer le monde ouvrier, alors que Benjamine porte un intérêt croissant pour la fosse au point qu’elle se passionne pour l’entreprise familiale.

Au fil du temps, ô révolution, on la trouve même à la tête de celle-ci ce, qui, à l’époque fait beaucoup jaser.

Après quelques déboires et une certaine lassitude, elle passe le flambeau à Bertrand, le fils de Louis, mais elle se rend rapidement compte que l’adage « Tel père tel fils » n’est pas vain. Bertrand méprise les ouvriers !

Cette saga superbement racontée par Françoise Bourdon ne peut laisser le lecteur indifférent, car elle décrit avec beaucoup de sensibilité et de justesse un important pan de la lutte ouvrière tout en montrant certaines facettes, parfois franchement antagonistes, d’une même famille.

Pierre Guelff.

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