Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

L’éditeur François Bourin a récemment décidé de publier dans la collection « Voyage littéraire » « Le Rhin, lettres à un ami » de Victor Hugo.

Excellente initiative car cet ouvrage méritait mieux que la relative indifférence qui l’entoura durant de très longues décennies.

Fort de plus de 560 pages, il s’agit du journal plein de verve et très détaillé de l’illustre écrivain quant à deux de ses voyages, principalement le long du Rhin.

Certes, comme le signale aussi Charles Wright, le directeur de cette collection, « Hugo triche un peu et prend avec le réel quelques libertés », on lit avec ravissement les descriptions méticuleuses de sites, de paysages et de constructions : « Lorsqu’un donjon est en ruine, sa fenêtre regarde encore, mais avec ce regard hideux d’un œil crevé. »

Il y a également quelques citations exceptionnelles : « Où cesse la certitude historique, l’imagination fait vivre l’ombre, le rêve et l’apparence » et « La civilisation est comme le soleil ; elle a ses nuits et ses jours, ses plénitudes et ses éclipses, elle disparaît et reparaît. » et, encore, « Dans les voies de la providence, il y a des hommes pour les fruits verts et d’autres pour les fruits mûrs. »

Un passage m’a particulièrement frappé dans ce livre. En visite dans les ruines d’un château, Victor Hugo dit écrire son nom sur un mur à l’aide d’un morceau de basalte pointu. Pourtant, dans les ruines de l’abbaye cistercienne de Villers-la-Ville, il avait poussé un magistral coup de gueule contre les auteurs de graffitis.

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, c’est bien connu, ce qui n’empêche pas de se régaler de l’écriture du maître.

Pierre Guelff.

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