«  sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Je ne me lasse pas de lire du Jean Anglade et, avec « Les permissions de mai », j’en suis bien à plus de vingt titres de celui qui est surnommé le « Pagnol auvergnat ». Ici, le décor est planté à Thiers, la capitale de tout ce qui coupe (couteaux, ciseaux…) mais aussi des fourchettes, cuillers, louches, pelles à tartes, avec comme principaux acteurs les Pitelet, couteliers, et, surtout, leur fille, Gilberte, institutrice, des ouvriers, autorités locales, l’envahisseur allemand et leurs copains de Vichy, ensuite, des techniciens de l’après-guerre, des « mutants » de Mai 68…

Tout en décrivant avec talent la société, Jean Anglade marie également l’humour, parfois décapant. Ainsi, au sujet d’un homme politique, il dit : « Divers présidents du conseil avaient exploité ses diverses incompétences pour faire de lui un prudent sous-secrétaire d’État et même un ministre… » Et, aussi, de s’en prendre au sinistre Pierre Laval adepte d’une Europe où flotterait le drapeau à croix gammée, une Europe sans juifs, sans francs-maçons, sans socialistes, sans communistes, avec 25 millions de Français en sabots grattant la terre, les autres morts ou annexés par des États circonvoisins.  Et, Jean Anglade, de lancer ce cri du cœur : « L’Europe, on veut bien, mais pas dans ces conditions. »

La littérature de terroir sait, aussi, se montrer militante pour de bonnes causes !

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