«  sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Troisième chronique de « Sur les pas et dans les pages de Victor Hugo », l’écrivain touriste ou réfugié politique que j’ai suivi à la trace tant en Normandie qu’à Paris, au grand-duché de Luxembourg qu’en Belgique, etc. Aujourd’hui, je vous invite à me suivre à Étretat, sa plage, la Porte d’Aval et sa célèbre arche, l’aiguille, formidable menhir naturel de soixante-dix mètres de haut, là où l’écrivain Maurice Leblanc fit un repère pour son héros Arsène Lupin. Il y aussi la chapelle Notre-Dame haut perchée sur une falaise, celle-ci, comme ses voisines faisant face à la Manche, fait partie des plus vieilles roches de France. Elles datent de 2,2 milliards d’années. Il y a encore la « Chambre des Demoiselles », une grotte de craie façonnée dans une autre falaise qu’un souterrain long de deux kilomètres reliait à un château, selon la légende. Le châtelain fort porté sur le droit de cuissage y enfermait des jeunes filles. Un jour, trois parmi elles disparurent et avaient été transformées en gentilles fées par la grâce divine, dit-on.

Victor Hugo aima ces lieux emplis d’Histoire, de légendes et de mystères : « Ce que j’ai vu à Étretat est admirable. La falaise est percée de distance en distance de grandes arches naturelles sous lesquelles la mer vient battre dans les marées. J’ai attendu que la marée fût basse, et, à travers les goémons et les gros galets d’herbes peignées par les flots qui sont comme des crânes avec des chevelures vertes, je suis arrivé jusqu’à la grande arche que j’ai dessinée. C’est la plus gigantesque architecture qu’il y ait ».

Et puis, voici le Tréport : « Je n’ai pu résister au Tréport. J’en étais trop près. Il m’attirait violemment, m’y voici », déclara Victor Hugo.

J’ai également apprécié Le Tréport, sa halle aux poissons, l’église Saint-Jacques perchée         au sommet de la cité, le phare en bout de jetée, la montée en funiculaire, ces falaises considérées comme les plus hautes du genre d’Europe avec une altitude de 110 mètres, la chapelle Saint-Julien, et, non loin de Saint-Jacques, l’hôtel où logea l’écrivain en 1835. De cet hôtel-relais, il  écrivit plusieurs lettres, dont voici quelques passages marquants : « En arrivant, j’ai visité l’église, qui est comme sur le toit du village. On y monte par un escalier. Rien de plus charmant que cette église qui se dresse sans se faire voir de loin aux matelots en mer et pour leur dire : je suis là. (…) Le soir, je suis venu au Tréport, ne pouvant me résigner à me coucher si près de la mer sans l’avoir à la semelle de mes souliers. Je suis content en ce moment, elle vient baver sous ma croisée. Je me suis promené toute la soirée sur la falaise. Oh ! C’est là qu’on sent les frémissements d’aile. (…) C’est toujours un lieu ravissant. Au-dessous de moi, au bas de la falaise, une volée de cormorans pêchait. Il m’a paru qu’ils déjeunaient fort bien… »

 

 

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