« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« Les Presses de la Cité » viennent de rééditer un classique de Jean Anglade : « Le tilleul du soir ». En janvier 2011, dans cette même rubrique, j’avais déjà présenté ce magnifique livre et je n’hésite pas à y revenir trois ans plus tard tant il m’avait marqué :

« À la fois émouvant et tragi-comique, « Le tilleul du soir » de Jean Anglade est un petit bijou d’observation de l’être humain en ce qu’il a de bon, de moins bon et, parfois, de franchement détestable. Mathilde, une paysanne âgée d’un village auvergnat abandonné, décide de rejoindre le « Doux Repos », une maison de repos d’Entraygues, une cité fort accueillante à l’encontre des centaines de pensionnaires. Elle y fait son nid parmi des gens encore valides et qui n’hésitent pas à aller boire des canons au bistrot, puis il y a ceux qui deviennent invalides, qui perdent un peu la notion de la réalité. Mais, tous, ou presque tous, se résignent à ne plus recevoir de visites de leurs proches ou font croire à la très prochaine arrivée d’un fils, d’une nièce ou d’un petit-fils.

Au-delà du spectre de la mort qui hante maints pensionnaires, il y a un humour acerbe qui plane parfois au « Doux Repos ». Cet ouvrage est probablement l’un des plus profonds de Jean Anglade, quand on y lit sous sa plume : « Mon petit-fils ? Oh ! si qu’il vient ! Il est venu à Pâques. Et s’il ne vient pas plus souvent, c’est qu’il est trop petit : il ne peut pas prendre le chemin tout seul. Il viendra davantage quand il sera plus vieux… Il me sortira… Je lui donnerai le bras… On fera le tour du patelin… »

Il n’y a pas une virgule à modifier à ce livre écrit en 1975, alors que Jean Anglade est à la veille de célébrer son centenaire ! Bel hommage, donc, que « Les Presses de la Cité » rendent à cet écrivain de terroir exceptionnel.

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